SG Mid Caps essaime en province pour élargir son spectre de clients

le 06/01/2011 L'AGEFI Hebdo

La banque d’affaires de Société Générale au service des entreprises moyennes complète son maillage et mise sur le capital-développement de proximité.

Après Lyon, Marseille et Rennes, Société Générale Mid Caps Investment Banking (SG Mid Caps) s’est installé à Bordeaux le 5 janvier. Ce département discret, partagé par le réseau et la banque de financement et d’investissement (BFI), est aussi en train de recruter un collaborateur à Lille et fera de même à Strasbourg d’ici à fin 2011. Parisien depuis sa création en 2000, il achèvera ainsi son déploiement dans les délégations régionales de Société Générale en s’appuyant sur les infrastructures de la banque privée, qui a aussi débuté sa décentralisation en 2008.

Avec trois personnes à Lyon et une dans chaque autre ville, les efforts de SG Mid Caps semblent modestes au regard du dispositif d’autres acteurs comme les mutualistes à fort ancrage local. Mais ils sont significatifs pour cette structure de 70 banquiers. Ceux présents en province ont vocation à proposer « une palette complète de produits de haut de bilan aux entreprises françaises de taille moyenne, cotées ou non, qui ne sont pas directement clientes de la BFI ‘large caps’ (grandes capitalisations, NDLR), explique Gérard Fleury, responsable de SG Mid Caps depuis 2006. Dans les implantations les plus anciennes, nous avons déjà multiplié par trois les contacts qualifiés, c’est-à-dire éligibles, à nos activités de ‘corporate finance’ (banque d’affaires, NDLR) ».

Les antennes régionales doivent notamment permettre de développer un capital-investissement de proximité alors que SG Mid Caps disposait à fin 2010 d’un fonds maison de 150 millions d’euros pour l’ensemble de cette activité. « Historiquement, nous occupions le haut du marché du capital-développement avec des investissements médians de 2 millions d’euros et pouvant atteindre 10 millions, rappelle François Rivolier, directeur du private equity chez SG Mid Caps. Depuis cet automne, nous avons élargi notre spectre aux entreprises affichant un chiffre d’affaires minimal de 1,5 million d’euros et nous sommes en mesure de leur proposer des enveloppes de 300.000 à 1 million d’euros. D’ici à fin 2012, nous souhaitons mener chaque année une dizaine d’investissements dans cette fourchette. » En parallèle, SG Mid Caps devrait continuer à consacrer au moins 20 millions d’euros par an aux opérations plus importantes. « Malgré les contraintes réglementaires à venir, nous ne comptons pas nous retirer de cette activité pour compte propre que nous avons relancée en 2006 », assure Gérard Fleury, en allusion aux normes prudentielles Bâle III qui imposent aux banques un renforcement de leurs fonds propres.

Recrutements en M&A

Dans les fusions-acquisitions, SG Mid Caps est aussi présent sur le bas du segment, courtisé par d’autres banques parisiennes comme Rothschild, Banca Leonardo ou DC Advisory Partners (ex-Close Brothers). Toutefois, « il est difficile pour nous de descendre en dessous de transactions de 15 millions d’euros, indique le patron de SG Mid Caps. Mais nous couvrons un champ d’autant plus large que, dans sa nouvelle stratégie, la BFI ‘large caps’ se concentre de plus en plus sur les très grosses opérations ». En dépit du départ d’Edouard Cardi, responsable des fusions-acquisitions remplacé en août dernier par deux de ses collaborateurs, l’équipe devrait continuer à croître. « Tandis que la BFI a doublé ses effectifs en M&A, nous voulons nous aussi nous renforcer en bas de cycle en recrutant encore plusieurs directeurs (dix à quinze ans d’expérience, NDLR) et vice-présidents (six à dix ans) », déclare Gérard Fleury.

SG Mid Caps ne dévoile pas d’objectifs chiffrés pour ce métier, comme pour les activités de financement et de marchés de capitaux (dette et actions) qui s’adressent à des entreprises dont la capitalisation boursière peut atteindre plusieurs centaines de millions d’euros. « Nous couvrons les opérations dont le montant total dépasse 25 millions d’euros », précise Anne Bucheli, directeur associé en charge des financements structurés (LBO...). Les crédits bancaires classiques ou de faible montant restent, eux, distribués par la banque de réseau.

SG Mid Caps a toutefois enrichi sa palette de solutions de dette à l’automne. Société Générale y a rapatrié les banquiers de la BFI en charge des émissions obligataires des entreprises françaises de taille moyenne (L’Agefi Hebdo du 14 octobre). Ils travaillent désormais aux côtés des spécialistes du primaire actions (introductions en Bourse, augmentations de capital et convertibles) du département de Gérard Fleury. Preuve qu’à l’aube de la diminution des financements bancaires sous Bâle III, le marché obligataire ne doit plus être l’apanage des gros émetteurs. 

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