Dossier Produits dérivés

RFQ-hub, une plate-forme en plein développement

le 20/12/2012 L'AGEFI Hebdo

La société veut apporter aux gérants sécurité et gain de temps pour les appels d'offres sur les dérivés actions.

Trouver des solutions de marché innovantes à Paris est tout à fait de l'ordre du possible. Plate-forme d’appels d’offres spécialisée dans les actions et les dérivés actions, RFQ-hub en est un exemple : cette structure ne cesse de se développer depuis sa création, il y a cinq ans, par David Sagnier, son président, un ex-banquier spécialiste des dérivés actions, en apportant un service inédit aux investisseurs. « Nous permettons aux sociétés de gestion de lancer des appels d’offres en quelques secondes, là où il leur fallait un temps considérable par téléphone, explique David Sagnier. En outre, le processus est entièrement automatisé et sécurisé grâce à une intégration complète de notre plate-forme dans l’architecture des systèmes clients. Les données des opérations peuvent, le cas échéant, être envoyées toujours sans intervention manuelle vers une chambre de compensation et vers les bases centrales de données. »

S’appliquant à des produits cotés ou non cotés, RFQ-hub facilite les transactions bilatérales les plus compliquées, notamment faute de liquidité. Une société de gestion pourra tout de même mettre des banques - en général cinq acteurs de son choix - en concurrence avant de passer un ordre. « La liquidité sur la plate-forme est assurée par une vingtaine de banques, ce qui représente l’essentiel des acteurs 'sell-side' sur les dérivés d’actions, précise David Sagnier. Nous ajoutons régulièrement de nouvelles contreparties 'sell-side' à la demande des sociétés de gestion. » Tout l'enjeu consiste en effet à attirer vers RFQ-hub les principaux teneurs de marché sur les instruments traités, la liquidité pouvant se déplacer très vite...

L'Asie

Les gérants s’intéressant de plus en plus à l’Asie, RFQ Hub a récemment ouvert un bureau de quatre personnes à Hong Kong. Autre développement, les produits indiciels qui peuvent être plus accessibles aux investisseurs via la plate-forme. « Le concept d’appel d’offres permet de résoudre les questions du manque de liquidité et de transparence sur les prix en Bourse, comme des ETF ('exchange-traded funds', NDLR), indique David Sagnier. A noter que sur les ETF, nous apportons aussi la possibilité de traiter en NAV (valeur liquidative, NDLR). » Sur les paniers de titres, le traitement manuel des ordres peut durer des heures s’il s’agit d’une transaction en cash actions. D’où la nouvelle offre « Program Trading » : « Nous effectuons des appels d’offres sur des portefeuilles entiers, suite à la demande expresse d’une société de gestion britannique, relate David Sagnier. Ce service intéresse les banques d’affaires qui peuvent ainsi répondre aux besoins des sociétés de gestion opérant des changements d’allocations stratégiques. » La société vient par ailleurs de lancer un service d’appels d’offres sur le prêt-emprunt de titres et sur les opérations sur « collateral », répondant à un besoin croissant. « Les contraintes d’Emir et de Bâle 3 vont rendre plus nécessaire une gestion dynamique du 'collateral', d’où notre offre sur le 'stock lending', poursuit David Sagnier. Les enjeux sont considérables car les acteurs peuvent aujourd’hui encore se positionner sur des écarts de prix, les marchés financiers s’étant régionalisés depuis la crise. »

Retard de l'Europe

Globalement, la société compte sur les nouvelles régulations pour sécuriser les transactions. Encore faudrait-il que les règles se précisent. « L’Europe a du retard sur la régulation américaine des dérivés, et le manque de coordination transatlantique est dommageable pour les acteurs, car le marché des dérivés doit rester global, soutient David Sagnier. En Europe même, le manque de coordination entre les directives Emir et Ucits pose problème. Les acteurs attendent la clarification des règles pour s’organiser et s’outiller. Dans le flou actuel des règles, il n’est pas facile de savoir si RFQ-hub doit s’orienter vers un statut d’OTF ('organised trading facility', NDLR), de MTF ('multilateral trading facility') ou de SEF ('swap execution facility'). Ayant des clients de part et d’autre de l’Atlantique, la plate-forme aurait besoin d’un statut clair pour continuer son developpement et préserver son 'leadership' mondial. » Elle attend son agrément aux Etats-Unis, un marché qu’elle ne peut pour l’instant desservir qu’à partir de... Santiago du Chili.

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