L'avis de... Shiro Yoshioka, analyste de Japaninvest

« Un retour vers les pays émergents asiatiques »

le 18/10/2012 L'AGEFI Hebdo

Quel regard peut-on porter sur le rachat d’une partie des opérations de Lehman par Nomura ?

Nomura est de loin l’acteur le plus important au Japon et l’impossibilité de croître significativement sur son marché domestique l’a poussé à démarrer une expansion internationale. Bien qu’il ait été très coûteux, le rachat de Lehman lui a permis de gagner du temps en rachetant une plate-forme et une expertise instantanément. Malheureusement, ce rachat est intervenu au moment du déclenchement de la crise, à une période où il devenait de plus en plus difficile de concurrencer les autres acteurs majeurs bancaires. La crise de la zone euro n’a fait qu’aggraver cette situation, rendant improbable son objectif de rentrer dans le classement mondial des dix plus grosses banques d’investissement. Un objectif sans doute trop ambitieux.

Que pensez-vous du nouveau plan de restructuration ?

Nomura ne pouvait pas faire autrement que de procéder à un nouveau plan de restructuration. Pour autant, la banque n’est pas sortie d’affaire : le scandale du délit d’initiés a laissé des marques. Nomura a notamment été exclue du processus de privatisation partielle du cigarettier Japan Tobacco. D’ores et déjà, les émetteurs et les investisseurs se détournent de la banque, ce qui risque, à terme, d’impacter négativement ses revenus. En Europe, sa réduction de voilure pourrait en revanche donner un coup de pouce à ses compétiteurs, tel Daiwa.

Quels relais de croissance la banque est-elle susceptible d’utiliser à l’avenir ?

La relance internationale de la banque va sans aucun doute se traduire, à terme, par un retour vers les pays émergents asiatiques, où l’on constate aujourd’hui une forte croissance. Son avenir en Europe reste en revanche beaucoup plus difficile à évaluer.

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