L'avis de... Loïc Bhend, analyste chez Bordier & Cie à Genève

« La restructuration porte ses fruits en Amérique »

le 03/11/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment jugez-vous la gestion de fortune d’UBS ?

C’est d’elle que sont venues les bonnes nouvelles au troisième trimestre. Hors Amérique et éléments exceptionnels, la marge brute sur encours s’est maintenue à 97 points de base (pb) quand le marché attendait 94 pb. Sur ce périmètre, les apports nets de capitaux ont atteint 3,8 milliards de francs suisses. C’est moins que les 5,2 milliards attendus, mais tout de même une bonne performance au cours du pire trimestre depuis fin 2008 pour les banque d’affaires et les gestions de fortune. Celles-ci sont pénalisées par la baisse des marchés, qui réduit l’assiette d’actifs, et par l’attentisme des clients, qui génère très peu de commissions de transactions. L’affaiblissement du franc suisse a en revanche joué favorablement, alors que 80 % des actifs de la gestion de fortune d’UBS sont libellés dans d’autres monnaies.

La situation est-elle aussi bonne pour l’activité en Amérique, durement touchée par les déboires d’UBS ?

Sa restructuration porte ses fruits, avec 4 milliards de francs d’entrées nettes de capitaux (un record depuis 2008, NDLR) et un résultat avant impôt de 152 millions de francs au dernier trimestre. Cette division demeure peu rentable mais sa marge sur encours progresse, à 80 pb.

Restera-t-elle dans le périmètre du groupe ?

On ne peut pas ôter à UBS tous ses membres. La situation s’est stabilisée aux Etats-Unis. UBS n’y fait plus l’objet de poursuites (pour ses pratiques d’évasion fiscale, NDLR) et a fait amende honorable, contrairement à d’autres banques suisses. Elle s’appuie toutefois sur des conseillers financiers indépendants qui peuvent partir avec leurs clients et dont les commissions, contractuelles, ne peuvent être modulées. Aux Etats-Unis, l’effort de réduction des coûts annoncé cet été peut seulement porter sur les fonctions supports.

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