L’avis de... Nicola Di Giovanni, avocat associé de Baker McKenzie

« Un réseau local peut être synonyme de confiance »

le 07/11/2013 L'AGEFI Hebdo

Quelles sont selon vous les clés pour accompagner les LBO (« leveraged buy-out ») de « midcaps » à l’international ?

Cela semble plus difficile lorsqu’un fonds a uniquement un bureau à Paris ou à Londres. Ceux capables d’accompagner efficacement leurs participations à l’étranger sont donc assez peu nombreux. Et il ne suffit pas de « collectionner » des bureaux sans interactions entre eux, ou d’avoir des bureaux de représentation. Il faut de vraies équipes locales, un réseau synonyme de confiance réciproque avec les dirigeants d’entreprise que l’on souhaite épauler. Cela aide à susciter l’intérêt des managers, mais aussi de tous les contacts et apporteurs d’affaires. Ces aspects « culturels » et « relationnels », le fait de parler la langue locale, sont très importants dans certaines régions comme l’Europe du Sud, où l’approche « commerciale » d’un investisseur étranger peut, sinon, paraître plus « brutale ». Une équipe peu active, sur un marché insuffisamment profond, peut coûter cher, comme l’a montré l’échec de certains fonds anglo-saxons.

Y a-t-il des risques juridiques ?

Les documents juridiques liés à l’acquisition et à son financement sont construits sur des modèles internationaux et standards, ce qui facilite et uniformise la réalisation de transactions à l’étranger. Concernant le financement, une grande majorité des opérations se fait sur la base du droit anglo-saxon. Pour la documentation d’acquisition, une attention particulière sera portée aux garanties d’actif/passif (GAP) : leur déclenchement, leur durée, les limitations, etc. L’intervention d’un avocat connaissant les pratiques locales est essentielle. Par exemple, les anglo-saxons qui réalisent une cession en France ne comprennent pas toujours la garantie bilancielle ou comptable qui prévoit une indemnisation de l’acheteur si les éléments du bilan évoluent défavorablement. Les investisseurs devront aussi regarder en particulier les « management packages », structurés très différemment d’un pays à l’autre (en fonction des instruments, du droit social, des pratiques), ainsi que les risques sociaux et fiscaux.

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