L'avis de... Fedh Bouab, directeur commercial Banque Finance au cabinet de conseil et d’ingénierie Aneo

« La réécriture des applications représente un coût très important »

le 29/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Quel est l’intérêt d’utiliser des processeurs graphiques dans une infrastructure informatique ?

Pour tous les calculs faisant intervenir des fonctions transcendantales, comme des logarithmes ou des exponentielles, l’utilisation de processeurs graphiques est pertinente car ces unités de traitement sont très performantes sur les calculs unitaires. Tout ce qui a trait à de la modélisation implique le recours à du calcul parallèle pour lequel excellent les GPU.

Où en sont les grandes banques d’investissement quant à l’adoption de cette technologie ?

C’est encore très timide de leur part, par rapport à d’autres secteurs comme l’énergie ou l’automobile. A titre d’exemple, le projet Crédit Agricole CIB implique quatre serveurs Tesla de quatre cartes graphiques NVidia chacun, à comparer avec les 64 serveurs avec quatre cartes chacun qui seraient utilisés chez Total. Mais les cinq grandes banques d’investissement ont toutes au moins mis au point des prototypes. Car elles sont confrontées à un besoin important de rationaliser leurs centres de données, où la place fait défaut pour installer de nouvelles machines, tout en faisant face à une hausse régulière et importante des volumes de calcul. Natixis, par exemple, la plus petite des cinq banques d’investissement, effectue 24.000 heures de calcul quotidiennement.

Quels sont les freins à l’adoption de cette technologie ?

L’utilisation des processeurs graphiques nécessite de réécrire une partie des applications existantes en code CUDA (Compute Unified Device Architecture) exploitable par les GPU. Un pricer d’instrument financier représente plusieurs millions de lignes de code. Pour des banques d’investissement, la réécriture peut représenter un coût très important. En outre, sur ce marché naissant, le risque opérationnel de ne pas trouver les ressources nécessaires est encore perçu comme très important, les banques d’investissement externalisant une forte proportion de leurs prestations informatiques.

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