L’avis de... Paul Lignières, associé en droit public et managing partner de Linklaters à Paris

« Les projets politiques tardent à se concrétiser »

le 03/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Que pensez-vous des réflexions en cours pour diversifier les financements d’infrastructures ?

Pour l’instant, elles tardent en Europe à la fois pour des raisons financières et réglementaires. Mais on a déjà vu plusieurs banques réfléchir à des montages mixtes depuis début 2009. Et c’est une tendance forte, comme on le voit dans les financements corporate, avec une activité capital market beaucoup plus importante depuis un an, à la différence des financements bancaires.

Comment se porte le marché français des infrastructures ?

Après une année 2009 à l’arrêt, il est redevenu très dynamique au fur et à mesure en 2010. Tout d’abord avec les lignes TGV comme Tours-Bordeaux (concession LGV SEA remportée par Vinci, 7,8 milliards d’euros, NDLR), Le Mans-Rennes (partenariat public-privé - PPP - LGV Bretagne-Pays de la Loire, remporté par Eiffage, 3,4 milliards d’euros, NDLR), et le contournement Nîmes-Montpellier (PPP CNM, en cours d’attribution). Puis avec des autoroutes comme l’A63 Bordeaux-Bayonne (remportée par Colas-groupe Bouygues, 1,1 milliard d’euros, NDLR) et le PPP sur le « Pentagone à la française » sur le site de Balard, qui vient d’être attribué au groupement mené par Bouygues (avec Thales, Sodexo, Dalkia et le Fideppp/Caisses d’Epargne-Natixis, environ 3 milliards d’euros, NDLR). Sans oublier de nombreux autres PPP dans le « bâtimentaire » : prisons, hôpitaux, universités, stades, etc. En revanche, l’activité de cession reste calme en France.

Qu’en est-il des autres grandes infrastructures ?

Certains grands projets ont été bloqués pour des raisons fortuites, comme le Tram-Train de la Réunion, qui a finalement été annulé après les élections régionales. Plus généralement, les chantiers portés par RFF, comme le réseau GSM-R, qui a des équipes de professionnels dédiées à ces sujets, ont été accélérés dès lors que l’Etat a relancé une politique de grands projets. Ce n’est pas le cas d’autres infrastructures plus « politiques » comme le RER en Ile-de-France ou l’aménagement des gares, qui tardent à se concrétiser...

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