L'avis de... Patrick Abensour, associé M&A Transaction Services de Bellot Mullenbach

« Les plus petites transactions animent le marché »

le 08/11/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment voyez-vous la situation actuelle du LBO (« leveraged buy-out » ) ?

Sur le segment des opérations inférieures à 50 millions d’euros, il y a moins de problèmes car les leviers sont souvent modérés et les banques toujours présentes. Sur le segment 50-150 millions d’euros, c’est devenu plus compliqué. Pour l’instant, les acteurs de l’equity comme de la dette ont joué leur rôle quand il l’a fallu pour rééquilibrer les montages dans les sociétés investies, mais à court terme…

Ces entreprises vont-elles survivre avec les leviers d’il y a quatre ans mais une croissance durablement diminuée ?

Elles n’ont souvent plus de manœuvre sur le BFR (besoin en fonds de roulement, NDLR), et certaines se voient contraintes de repousser leurs investissements (Capex), au risque de perdre en compétitivité, pour rembourser la dette. On voit tout de même de petits build-up pour aller chercher quelques points de rentabilité (en France) et de croissance (à l’étranger). Mais à part quelques opérations (Buffet Crampon, Diam, Kermel, Cleor…), le marché fonctionne au ralenti car personne n’arrive à évaluer les cash-flows à cinq ans pour valoriser les actifs. Prudence oblige, la valeur calculée est désormais souvent bien différente du prix. Au moins 30 % des transactions n’aboutissent pas, contre plutôt 10 % auparavant. Les allers-retours dans la mise en vente sont plus fréquents, liés à des opérations de gré à gré qui prennent le dessus sur les enchères organisées.

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