Outre-Manche, la critique est unanime

le 19/01/2012 L'AGEFI Hebdo

Par Stéphanie Salti, à Londres

Un même vent de critique avait marqué, il y a plus de 25 ans, l’introduction de la stamp duty tax, portant sur les achats d’actions britanniques à un taux fixe de 0,5 % et étendue en 2003 aux biens immobiliers. Début janvier, le Premier ministre David Cameron (photo)a réitéré sa volonté de mettre son veto à une taxe sur les transactions financières européennes (TTF), à moins qu’elle ne soit adoptée au niveau mondial. Car de l’avis général, elle porterait un lourd préjudice à la toute-puissance financière de Londres. Selon une étude publiée fin septembre par la City of London Corporation, 62 % des recettes générées par une TTF au sein de l’Union européenne proviendrait de la capitale britannique. De son côté, le think-tankOpenEurope avançait un impact économique probable sur le Royaume-Uni compris entre 17,5 et 58,2 milliards d’euros, en se basant sur le niveau de transactions réalisées au sein de l’Union européenne en 2010 et extraites du World Federation Of Exchanges (WFE) : « L’ampleur de la fourchette est à mettre sur le compte de l’incertitude liée au degré de délocalisation et d’évasion de la TTF », précise Vincenzo Scarpetta, analyste chez Open Europe. Plus récemment, un comité économique de la Chambre des Lords estimait que cette taxe pourrait induire une perte de PIB comprise entre 5 et 20 fois plus que les recettes levées au travers de cette taxe. Quant à la perspective d’une TTF confinée à la zone euro, les Britanniques ne crient pas pour autant victoire, en raison du manque de détails sur la manière dont cette taxe serait prélevée. Dans son rapport, le cabinet Oxera signale que les établissements financiers situés à Londres seraient également affectés.

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