Oséo prépare ses interventions post-crise auprès des entreprises

le 06/01/2011 L'AGEFI Hebdo

En quête d’efficacité, la nouvelle société anonyme pourrait chercher à pérenniser certaines activités rendues possibles pendant la crise.

Maisons-Alfort, 3 janvier : la fusion des quatre structures d’Oséo - Financement, Garantie, Innovation et Bretagne - est effective. Le conseil d’administration de la société unique, Oséo SA, se réunit pour la première fois. « Nous allons poursuivre de manière plus efficace nos grandes missions auprès des entreprises, lance François Drouin, à la tête du groupe depuis fin 2007. L’Etat conservera plus de 50 % du capital de la SA désormais dotée de 2 milliards de fonds propres. Il a permis une augmentation de capital de 438 millions d’euros provenant du programme des investissements d’avenir et de la taxe sur les bonus bancaires. » A ses côtés, la Caisse des dépôts dispose désormais de 27 % du capital. En qualité de président de l’établissement public (Epic) qui détient la participation de l’Etat, François Drouin devient président du conseil d’administration et directeur général (lire l’encadré).

Pour lui, Oséo apparaît en pratique comme un « partenariat public-privé » : « Sa mission d’aide aux entreprises de zéro à 5.000 salariés donne un sens au travail de nos 600 collaborateurs au sein de 42 implantations. En même temps, nous avons pu réagir vite, notamment pour garantir les découverts bancaires des entreprises : le président de la République nous en a donné la possibilité dès le 4 octobre 2008. » Doté pour cela d’environ 800 millions d’euros, Oséo a garanti, entre octobre 2008 et fin 2010, 6 milliards d’euros de crédits à la trésorerie pour 25.000 entreprises à hauteur de 50 % - voire 90 % en 2009. « Nous pourrons dresser un bilan chiffré à la fin de l’année, mais il apparaît déjà que les défaillances sont faibles », se réjouit le patron d’Oséo qui s’est désormais retiré de cette activité, les banques accordant de nouveau des prêts de trésorerie.

Oséo prépare l’avenir. « Les garanties sur les investissements des entreprises ont augmenté de 15 % comparé à 2009, dit son PDG. Nous avons par ailleurs développé une seconde activité nouvelle en 2010 en intervenant en quasi-fonds propres. Le 5 octobre 2009, le président de la République nous a accordé une enveloppe d’un milliard d’euros afin de renforcer, dans le cadre de contrats de développement participatifs, les hauts de bilan d’ici à fin 2011. Nous avons déjà débloqué 750 millions d’euros. » A raison d’un million en moyenne par entreprise, complété par des investisseurs (pour un montant égal) ou une banque (avec un prêt au moins deux fois plus important), 250 entreprises peuvent encore théoriquement en bénéficier. Trop peu au goût de François Drouin qui espère que l’Etat trouvera de nouvelles ressources pour ce produit.

Audit des activités

Obtenir une rallonge pour répondre à ce besoin pérenne, continuer à accompagner les entreprises de taille intermédiaire (de 250 à 5.000 salariés) même lorsque la dérogation - prorogée par Bruxelles jusqu’à fin 2011 - concernant les aides à cette catégorie de sociétés arrivera à terme, soutenir l’innovation malgré une réduction relative des moyens en 2010 : François Drouin ne manque pas d’ambitions pour la SA. Il devra toutefois composer avec l’audit de ses activités lancé en octobre dernier. Epaulée par McKinsey et Accenture, l’Inspection générale des finances a achevé sa mission. Des questions sur le maillage du territoire au-delà des directions régionales, sur la pertinence des outils utilisés ou sur le rôle d’Oséo dans l’innovation pourraient y être soulevées. « Cette enquête s’inscrit dans le cadre de la révision générale des politiques publiques », précise le PDG d’Oséo dont la mission est de favoriser la croissance des entreprises et de valoriser les meilleures. Deux mille d’entre elles ont ainsi été identifiées pour leur potentiel afin de constituer la communauté Oséo Excellence. Elles seront d’ailleurs réunies à Paris le 16 mars. Pour montrer l’exemple.

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