L’avis de... Philippe Auther et Marc Alfsen, associés chez BearingPoint

« Les organisations distinguent produits OTC et produits cotés »

le 26/05/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment lire les réorganisations des banques de financement et d’investissement (BFI) ?

Elles ne sont plus organisées selon les sous-jacents, alors qu’elles avaient tendance auparavant à séparer les actions et le fixed income (obligations, change, dérivés de crédit…). Aujourd’hui, la tendance est plutôt de distinguer entre les activités liées aux marchés électroniques organisés, qui traitent de produits standards, avec de gros volumes, et les produits des marchés de gré à gré, complexes. Cette séparation est établie quel que soit le sous-jacent. Les deux types de produits font appel à des réflexes différents : pour les produits OTC (de gré à gré, NDLR), il s’agit d’être très réactif face aux demandes des clients, les équipes doivent avoir de fortes capacités d’innovation, tandis que pour les produits cotés, les équipes n’ont généralement pas accès aux clients qui s’adressent directement aux marchés.

L’évolution est-elle généralisée ?

Certaines banques venaient seulement de commencer une activité de dérivés actions quand la crise a éclaté et elles l’ont simplement arrêtée. La plus large réorganisation s’est faite assurément chez Société Générale CIB qui distingue désormais les montages sur mesure d’une part des produits à forte volumétrie d’autre part, où les enjeux sont plutôt l’industrialisation des fonctions de support, en informatique, contrôle des risques, exécution… BNP Paribas a également remis le client au cœur du dispositif.

En quoi ces nouvelles organisations sont-elles plus efficaces ?

Elles sont surtout la conséquence de la réduction de l’activité pour compte propre. Résultat, la stratégie est plus orientée vers les clients et la technicité moins encouragée. En même temps, l’évolution marque le renforcement du pouvoir du coverage, les banquiers seniors, interface unique entre l’entreprise et la banque de financement et d’investissement, ayant désormais plus de capacité à s’imposer face aux vendeurs de produits.

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