Oliver Wyman monte en gamme dans le secteur financier

le 19/12/2013 L'AGEFI Hebdo

Le cabinet a été mandaté pour évaluer le secteur bancaire européen. Il serait bien positionné pour mener la même mission en France.

Oliver Wyman monte en gamme dans le secteur financier

Les missions s’enchaînent. Dans le cadre de sa nouvelle fonction de superviseur bancaire, la Banque centrale européenne (BCE) a décidé de s’allouer les services d’Oliver Wyman pour réaliser l’évaluation de la santé financière des grandes banques de la zone euro. Si certains s’interrogent sur la légitimité de la société de conseil en stratégie américaine pour mener seule ce chantier d’envergure, Oliver Wyman peut se targuer d’une solide expérience dans le domaine. Le cabinet, qui serait par ailleurs bien placé pour mener plus spécifiquement cette mission en France dans le cadre de l’appel d’offres lancé par l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution, a notamment assisté les Etats et banques centrales dans l’analyse des secteurs bancaires grec et portugais.

L’an passé, « nous avons travaillé sur une problématique similaire à celle de la BCE pour la Banque d’Espagne en menant une revue des besoins en fonds propres de 14 banques nationales, représentant 95 % du secteur espagnol, ainsi que pour d’autres pays hors de la zone euro. Alors que la problématique en Espagne reposait en grande partie sur les sous-jacents immobiliers, la situation se révèle plus diverse en zone euro », explique Bruno de Saint-Florent, associé chez Oliver Wyman.

L’organisation du cabinet lui confère une expertise spécifique. « Contrairement à plusieurs de nos concurrents qui présentent une spécialité générale dans les services financiers, Oliver Wyman dispose de spécialités plus affinées », estime l’associé. Au bout de trois ans, chaque consultant se spécialise dans un domaine particulier, dans un sous-secteur tel que la banque de détail, la gestion d’actifs, ou dans une compétence transverse à l’image du risque. « Ces différentes expertises sont importantes dans l’évaluation de l’activité, très diversifiée, des banques », juge Bruno de Saint-Florent. La mission de la BCE, dont la phase d’évaluation doit se terminer en novembre 2014, mobilisera ainsi des collaborateurs, majoritairement basés en Europe, issus des équipes dédiées au risque, aux autorités publiques ainsi que celles dédiées à la banque de détail et à la banque de financement et d’investissement (BFI).

Une croissance à deux chiffres

Les services financiers représentent la principale activité d’Oliver Wyman. Sur les 3.000 collaborateurs que compte le groupe à l’échelle mondiale, 1.000 (dont 500 en Europe et une cinquantaine à Paris) sont dédiés à cette activité qui contribue à hauteur de 35 % à 40 % au chiffre d’affaires. « Nos clients sont majoritairement de grandes entreprises du secteur financier. Les associations et autorités publiques représentent toutefois une part significative de notre activité », précise Bruno de Saint-Florent.

La mission de la BCE accroît un peu plus la visibilité du cabinet, dont l’activité a enregistré une belle progression sur la dernière décennie. « Nous gagnons des parts de marché, avec une croissance à plus de 10 % par an depuis l’an 2000, en Europe ainsi qu’à l’échelle mondiale. Dans les services financiers, notre plus grande 'practice', les acteurs éprouvent un réel besoin d’expertise et d’accompagnement dans leur stratégie, face à un environnement réglementaire et économique mouvant et incertain », estime Bruno de Saint-Florent. Face à un marché français du conseil au management en berne, Oliver Wyman tire également son épingle du jeu. Au sein du bureau parisien, « nous allons enregistrer pour cette année un niveau de croissance à deux chiffres de l’activité, qui devrait se poursuivre en 2014 », notamment dans les services financiers, prédit l’associé.

Après un recul de 1,5 % en 2012, le marché français du conseil en management devrait fléchir de 1 % en 2013 (voir le graphique), analyse Xerfi-Precepta. Toutefois, « la profession enregistrera une croissance de 4 % en 2014 et de 3,5 % en 2015 », prédit le cabinet, estimant qu’à cet horizon, « les entreprises clientes recommenceront à se projeter dans l’avenir en relançant leurs projets d’amélioration de la compétitivité et des performances ». Une étude publiée par Syntec Conseil table sur une stabilité de l’activité en 2013, soulignant cependant des « situations très différentes » selon les cabinets.

La rentabilité du secteur se révèle par ailleurs sous pression, le résultat net ayant atteint 3,5 % du chiffre d’affaires en 2011, contre 5,6 % en 2008, selon Xerfi-Precepta, mettant en lumière une intensification de la concurrence et l’existence de structures de conseil en interne tirant les prix vers le bas. « Nous constatons parfois une pression sur les prix, mais cela dépend des missions et des enjeux », observe Bruno de Saint-Florent.

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