Dossier Financement des entreprises

Des obligations convertibles pour initier les PME à la finance

le 14/04/2011 L'AGEFI Hebdo

Le dispositif OC+ rencontre un certain succès dans la foulée d’autres initiatives apportant des quasi-fonds propres aux entreprises.

Voilà bientôt dix-huit mois que le Fonds stratégique d’investissement (FSI) a repris la vieille idée des équipes de CDC Entreprises et Avenir Entreprises (filiale à 60/40 de CDC Entreprises et Oséo) d’apporter aux PME des quasi-fonds propres d’un nouveau genre… Doté de 300 millions d’euros en octobre 2009, « le dispositif OC+ répond à un besoin de financement de PME détenues par des personnes physiques qui ne souhaitent pas ouvrir leur capital à court terme, tout en leur garantissant un renforcement de leurs fonds propres facilité à moyen terme, quelles que soient les conditions de marché », expliquent Pascal Lagarde et Claude Sauvageot, directeurs généraux des deux sociétés de gestion.

Les entreprises sélectionnées peuvent émettre pour cinq à sept ans des obligations convertibles (OC+) assorties d’un coupon annuel de 5 %, d’une prime de non-conversion payée en fin de période de 7 % à 10 %, ou en cas de conversion, d’une parité équivalente à cette prime plus des bons de souscription en actions (BSA). « Ces PME peuvent par exemple financer ainsi de l’immatériel, comme le développement d’un réseau commercial », ajoute Claude Sauvageot, évoquant la complémentarité avec les crédits d’Oséo qui réoriente vers OC+ les dossiers nécessitant ces quasi-fonds propres. Elles doivent présenter au moins trois bilans dont un bénéficiaire, 3 millions d’euros de chiffre d’affaires, une activité pérenne avérée, c’est-à-dire en développement ou redémarrage (sans restructuration financière à venir). « Hors immobilier, nous accompagnons tous types de secteurs », note Pascal Lagarde. A terme, soit elles remboursent les OC (avec un étalement possible sur deux ou trois annuités), soit elles demandent la conversion en actions. Les BSA dont les conditions ont été fixées au départ permettent alors au fonds OC+ d'être associé à la croissance à venir de la valeur d’entreprise. « Nous avons l'habitude de ce genre de montages au profil de risque atypique », indique Claude Sauvageot, qui vise un rendement annuel supérieur à 12 %.

CDC Entreprises gère les investissements de 2 à 5 millions pour une enveloppe de 220 millions d’euros. L’équipe de huit professionnels emmenés par Christian Deblaye a déjà engagé 95,5 millions sur 26 entreprises (avec des souscriptions intervenant souvent avec quelques semaines de décalage). Avenir Entreprises est en charge des opérations entre 500.000 euros et 2 millions sur une enveloppe de 80 millions d’euros. La vingtaine de professionnels - qui gèrent aussi Avenir Entreprises Mezzanine (60 millions d’euros investis en OC) et Avenir Entreprises Développement (140 millions investis en fonds propres) - ayant déjà engagé 70 millions sur quarante entreprises, le dispositif a obtenu début mars du FSI une « rallonge » de 60 millions d’euros, avant même que soit décidé l’avenir (pour courant 2012) du programme France Investissement dont il dépend. « Compte tenu du rythme actuel très dynamique, tout sera investi fin 2011 », estime Pascal Lagarde.

Approches régionales

Au-delà des fonds de mezzanine LBO (leveraged buy-out), qui utilisent eux-mêmes souvent des outils « convertibles », plusieurs fonds régionaux avaient lancé des dispositifs similaires à celui d’OC+ pour entrer en douceur dans les PME locales. A commencer par Ouest Croissance, société de capital-risque (SCR) créée par les Banques Populaires de Rennes, Nantes et Limoges, qui, outre ses investissements en equity (140 millions sous gestion), propose également depuis 2005 avec le réseau des Banques Populaires associées, Mezzo, un système d’OC (de 100.000 à 300.000  euros) convertissables seulement en cas de cession pendant la durée du contrat. Un bon moyen qui a permis d’identifier 34 TPE (très petites entreprises) sur son marché régional (avec plus de 8 millions investis).

De son côté, IPO, filiale nantaise de CM-CIC, a lancé Mezzane, pour répondre à des situations de croissance forte susceptibles de générer un besoin de trésorerie, mais avec une dilution liée aux BSA limitée à 20 %. Et la SCR Garibaldi Participations, filiale de la Banque Populaire Loire et Lyonnais, a aussi apporté l’an dernier une réponse similaire (Garibaldi Mezzo) « aux entreprises familiales qui tiennent à le rester ».

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