L’homme clé, Bertrand Rambaud, président du groupe Siparex

« Nous regardons des projets d’acquisition »

le 28/03/2013 L'AGEFI Hebdo

Bertrand Rambaud est l’homme « qui mènera notre entreprise vers de nouveaux développements dans la continuité de ses principes fondateurs », déclarait Dominique Nouvellet lors de son passage de flambeau à la tête de Siparex en 2009. Le fondateur de la société d’investissement ne s’est pas trompé. Au sein d’un environnement difficile, Siparex est parvenu à lever 183 millions d’euros l’an passé, contre 165 millions un an plus tôt. « Notre métier reste l’accompagnement des entreprises dans leur développement, explique à L’Agefi Hebdo Bertrand Rambaud. Toutefois, notre environnement évolue vite et les attentes de nos investisseurs ont changé, certains souhaitant des rendements plus réguliers ou des produits dédiés. A nous de nous adapter. »

Alors que la croissance organique constituait le socle essentiel du développement de Siparex, le dirigeant a piloté en 2010 l’intégration des équipes d’UFG Private Equity (Groupe UFG-LFP, rebaptisé en 2011 la Française AM). « Cette opération nous a permis de dépasser le seuil du milliard d’euros d’encours et nous a ouvert l’accès à un important institutionnel, La Française AM, devenu souscripteur de l’ensemble de nos fonds », se félicite Bertrand Rambaud. Ce rapprochement en appellera-t-il d’autres ? « Nous regardons des projets d’acquisition. Il faut que l’activité puisse facilement s’intégrer et qu’elle nous apporte une expertise nouvelle », estime-t-il.

Un important réseau de PME et d’ETI

A fin 2012, Siparex gérait 500 millions d’euros au sein du pôle Proximité Innovation, dédié aux jeunes entreprises innovantes, et 600 millions d’euros via Siparex Mid Market, activité historique axée sur le financement des PME (petites et moyennes entreprises) et ETI (entreprises de taille intermédiaire). Outre sa fonction de président de Siparex, le dirigeant a conservé une casquette opérationnelle en tant que coprésident de cette dernière activité. « Je souhaitais rester en contact direct avec les entrepreneurs », confie ce Lyonnais d’origine, qui partage dès lors son temps entre sa ville natale, également berceau de Siparex, Paris et les régions.

Au sein du pôle Siparex Mid Market, « nous réfléchissons constamment à de nouveaux produits, poursuit Bertrand Rambaud. Pourquoi pas un fonds de dette mezzanine, qui répondrait à un besoin des entreprises et à la demande d’un rendement régulier de la part des investisseurs. Parallèlement, notre force est l’accès à un important réseau de PME et d’ETI, 70 % de nos opérations étant réalisées en dehors d’enchères organisées. Les institutionnels sont aujourd’hui à la recherche de co-investissement sur certaines de ces opérations ». La réduction des lignes de Siparex Mid Market, ayant vocation à passer de 75 à une cinquantaine, constitue parallèlement une tendance de fond. « Les entreprises ont des besoins d’accompagnement plus importants, nécessitant une implication accrue de nos équipes », assure ce professionnel de 49 ans qui a suivi Siparex une bonne partie de sa carrière.

Après avoir débuté dans l’audit chez Coopers, Bertrand Rambaud rejoint la société d’investissement en 1991 comme chargé d’affaires. Il revient au sein de sa première société cinq ans plus tard, peu de temps avant la fusion qui donnera naissance à PwC. « Je souhaitais être associé d’une structure et Siparex n’avait pas encore développé de ‘partnership’ », glisse Bertrand Rambaud. Ce dernier conservera toutefois des liens avec Siparex, son client aux côtés de nombreux autres fonds, facilitant dès lors son retour, cette fois en tant qu’associé, en 2002. Une expérience qui lui permet de constater l’importante évolution de la société d’investissement : « Dans les années 90, Siparex réalisait la moitié de son activité actuelle et commençait à s’ouvrir à l’international avec un bureau lancé à San Francisco quelques années plus tôt », se souvient Bertrand Rambaud. Depuis, la société a noué des partenariats en Espagne avec Banco Espirito Santo (50 millions d’euros d’encours), et en Italie (20 millions d’euros). « Nous travaillons sur d’autres projets en Europe du Sud dans un marché qui offre de nouvelles opportunités », révèle Bertrand Rambaud.

Siparex joue par ailleurs un rôle de conseil et d’administrateur au sein de sociétés que le groupe a soutenues en phase de création au Maghreb, telles que Tuninvest (plus de 500 millions d’euros d’encours). « Nous essayons de créer des liens entre nos participations », explique le dirigeant. L’accompagnement des sociétés à l’international constitue une priorité pour Siparex, dont 80 % des quelque 240 entreprises en portefeuille développent déjà une activité hors de France. La société a dans cette logique signé en début d’année un partenariat avec ERAI, agence pour le développement économique de la région Rhône-Alpes disposant d’une équipe de 150 professionnels répartis dans 21 pays. Un nouveau développement, s’inscrivant dans la continuité…

A lire aussi