L'avis de... Richard Nourse, directeur associé de Greencoat Capital

« Nous avons besoin d’une hausse du prix du carbone »

le 19/12/2013 L'AGEFI Hebdo

Vous gérez un fonds d’infrastructures coté qui prend des parts uniquement dans des fermes éoliennes au Royaume-Uni. Est-il facile d’attirer les investisseurs ?

Nous avons introduit ce fonds en Bourse en mars et levé 260 millions de livres, et nous venons de procéder à une augmentation de capital de 83 millions. Le contexte est difficile. Les investisseurs sont inquiets des évolutions réglementaires. Les gouvernements, sous la pression du public, pourraient remettre en question les prix garantis aux producteurs pour enrayer la hausse des prix payés par les consommateurs. Le coût d’un mégawatt-heure est de 50 euros pour les énergies fossiles, de 70-90 euros pour l’éolien onshore, de 100 euros pour du nucléaire nouveau, de 110 euros pour le solaire, de 150 euros pour l’éolien offshore et autour de 300 euros pour les énergies marines. Logiquement, à mesure que l’on développe la part des énergies renouvelables, les prix augmentent. Combien de temps les consommateurs accepteront-ils de payer plus cher ? Le débat est vif au Royaume-Uni. Le gouvernement britannique a récemment transféré le coût de certaines mesures de subvention énergétique pour les ménages à faibles revenus des factures d’électricité vers le système général d’imposition. La loi sur l’énergie, désormais votée au Parlement, ouvre la voie à un équilibre entre le besoin d’une énergie à faible intensité de carbone et son caractère abordable.

Les prix des énergies fossiles ne sont-ils pas appelés à se renchérir ?

Pour cela, il faudrait que les prix du pétrole, du gaz et du charbon augmentent. Toutes ces énergies produisent du CO2polluant. Nous avons donc besoin d’une hausse du prix du carbone, comme les quotas échangés sur l’Emission Trading System. Or aujourd’hui, ils se négocient à environ 5 euros, contre plus de 20 euros en 2008. Des actions plus vigoureuses doivent être menées à travers l’Europe pour mieux refléter le prix du CO2dans l’électricité.

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