Natixis transforme sa BFI en banque de grande clientèle

le 27/09/2012 L'AGEFI Hebdo

La filiale de BPCE scinde sa banque de financement et d’investissement en deux nouvelles divisions pour s’adapter à Bâle III.

Natixis transforme sa BFI en banque de grande clientèle. Photo: PHB/Agefi

Natixis achèvera fin 2012 son plan triennal New Deal. En avance sur ses objectifs jusqu’à la crise de la zone euro à l’été 2011 (voir le tableau), sa banque de financement et d’investissement (BFI) poursuit sa mue en devenant une « banque de grande clientèle ». Son patron, De DoanTran, a été débarqué dans la torpeur estivale… et ne sera pas remplacé. La « banque de grande clientèle » « n’a pas de tête unique car la représentation des clients doit être globale

dans l’entreprise », justifie Laurent Mignon, directeur général de Natixis. La BFI est désormais constituée de deux pôles : les Financements & solutions de marché, dirigés par Olivier Perquel, auparavant responsable de la stratégie de la banque et des actifs gérés en extinction ; les Relations clients & conseil, sous la houlette de Marc Vincent. Ancien président France de la banque d’affaires italienne Mediobanca, ce dernier sera chargé de promouvoir toutes les solutions de la banque, c’est-à-dire les produits made in BFI, mais aussi ceux du pôle épargne (gestion d’actifs, assurance et banque privée) et des services financiers spécialisés (crédit-bail, paiements, cautions, etc.).

Evolution du « coverage »

Les deux directions remplacent la couverture clients (coverage) et trois lignes de produits : dettes et financements, fixed income (taux, change et matières premières) et marchés actions, qui constituaient le schéma antérieur. Selon le nouvel organigramme présenté le 24 septembre aux élus du personnel, les Relations clients & conseil « regrouperont le 'coverage', le conseil (fusions-acquisitions, NDLR), l’ECM (equity capital market ou marché primaire actions, NDLR) et la recherche, détaille Laurent Mignon. Cette direction suivra tous nos grands clients et devra s’assurer que tous nos produits leurs seront proposés. Cette étape est possible grâce au travail réalisé depuis deux ans pour rendre notre 'coverage' neutre par rapport à l’offre produits de la banque ». Les responsables intermédiaires déjà en place demeurent : Virginie Banet pour le coverage, Jean-François Tiné pour l’ECM et Patrick Artus pour la recherche. Seul nouveau venu, Vincent Berry, ex-Rothschild, a pris au printemps la direction des fusions-acquisitions, vacante depuis un an.

A l’échelle du pôle, « la grande majorité des équipes est basée en France, indique Laurent Mignon, mais nous avons aussi des banquiers conseils en Italie, en Espagne, en Russie, en Asie et à New York, ainsi qu’à Londres et Francfort pour les institutions financières ». La banque souhaite mettre l’accent sur l’ECM, dans le cadre de sa coentreprise avec Lazard, mais selon le contexte boursier,« nous verrons si notre dispositif évolue avec le temps », concède le numéro un de Natixis.

« Originate-to-distribute »

Dans les Financements & solutions de marché, Natixis tend vers un modèle désintermédié comme les autres BFI françaises touchées par la baisse de leurs liquidités en dollars à l’été 2011 et par la mise en œuvre accélérée des normes de Bâle III, moins favorables aux crédits bancaires de long terme. Après les premières mesures d’urgence de l’automne dernier, « il faut aller plus loin avec un modèle 'originate-to-distribute' (originer des financements puis les distribuer à des investisseurs, NDLR) plus global que la plate-forme de dette déjà en place, estime Laurent Mignon. La création de ce modèle est un défi pour les six mois qui viennent ». La plupart des hommes forts du pôle Financements & solutions de marché sont connus depuis le printemps. Comme l’a révélé L’Agefi Quotidien, Luc François, ancien de Société Générale et Morgan Stanley, va chapeauter l’ensemble des marchés de capitaux. Les autres promus viennent de la maison : Pierre Debré prend en charge les financements structurés (ou origination) et Christophe Lanne, le futur portfolio management, ainsi que les situations spéciales, la nouvelle ligne global transaction banking (pourvoyeuse de liquidité via la gestion de trésorerie) et les actifs gérés en extinction.

Enfin, Olivier Perquel est entouré de nouveaux responsables régionaux : Stéphane About, ancien patron du fixed income devra développer la base d’investisseurs en dollars ; François Riahi, novice en Asie, a pour mission d’y « augmenter les expertises de dette et financements, principalement dans l’aéronautique et l’énergie/matières premières » ; et Yann Gindre, en charge de l’Europe Moyen-Orient Afrique, devra développer la banque en Russie et « adapter les franchises de Madrid et Milan » touchées par la crise.

Des transferts de personnel permettront de déployer cette nouvelle stratégie qui impacte aussi les fonctions supports. Des mesures d’économies seront annoncées début novembre, avant un nouveau plan stratégique en mai 2013.

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