Natixis cartographie ses outils informatiques dans Mega

le 29/11/2012 L'AGEFI Hebdo

Grâce à des outils de modélisation, la banque fait l’inventaire de ses applications, de ses données et de ses processus dans un objectif d’optimisation.

Natixis étant la réunion de diverses activités, plusieurs systèmes d’information ont dû être regroupés. Résultat : une juxtaposition de multiples outils qu’il a fallu faire fonctionner ensemble. Le « New Deal », le plan stratégique de réorganisation de Natixis de 2009 à 2012, a eu pour but de remettre l’architecture de l’informatique au service du projet. Dès 2010, les systèmes d’information ont été centralisés et les équipes regroupées. C’est dans ce cadre qu’a été créée la direction architecture et normes, qui contribue à maximiser la valeur ajoutée créée par le système d’information, en veillant notamment à rationaliser le parc applicatif et à faciliter la réutilisation et la mutualisation.

Pour cela, Jacques Afriat, chargé des études d’architecture d’entreprise, s'est appuyé sur le recensement du patrimoine applicatif de l’entreprise. « Nous avons une bonne maîtrise du patrimoine applicatif de l’entreprise car nous avons de longue date mis en place un recensement des applications dans l’outil de cartographie centralisé de Mega, explique Jacques Afriat. Nous nous sommes attachés à garantir la qualité de données peu nombreuses mais essentielles pour bien maîtriser notre parc, telles que les acteurs responsables des applications (maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’œuvre, métier propriétaire…), ou la criticité, le niveau de service, l’ancienneté. Pour réaliser ce recensement, nous nous sommes appuyés sur des relais, une douzaine de ‘correspondants cartographie applicative’, des personnes proches du terrain qui sont allées chercher des informations auprès des experts en charge de ces applications. » Utiliser les logiciels de cartographie de Mega a permis de rationaliser toutes ces informations grâce à une organisation cohérente. Trois personnes ont été chargées de les intégrer dans Mega : un responsable MOA (maîtrise d’ouvrage), un administrateur en charge du paramétrage de l’outil et une personne en charge des mises à jour. Grâce à ce travail, Natixis dispose d’une vision globale de son patrimoine applicatif.

Un catalogue d’applications

Mega est également employé pour décrire les données et les liens entre elles. Il reste encore à définir une norme afin d’harmoniser ces descriptions et ainsi mettre en place un dictionnaire de données qui peut être partagé par toute l’entreprise. « Pour l’heure, nous travaillons sur les référentiels d’entreprise, dont les données doivent être de grande qualité, et dont nous souhaitons promouvoir largement l’utilisation, indique Jacques Afriat. Nous devrions aboutir en 2013. » En parallèle, un travail de documentation sur les données est en cours : elle devrait être reprise et instruite dans Mega au niveau central. Cela devrait permettre de décrire quelles données sont déversées dans quelles applications.

Outre les applications et les données, les processus métier doivent aussi être cartographiés. Chaque métier peut déclarer et documenter ses processus dans Mega, car chaque métier détient un espace spécifique dans l’outil. Par exemple, Natixis Financements (crédit à la consommation) a déclaré ses processus métier. Le métier informatique aussi. Les métiers qui disposent dans Mega des trois cartographies (processus, données et applications) ont aussi une documentation complète avec une traçabilité sans rupture entre ces trois cartographies.

Grâce à la cartographie de ses systèmes d’information, la banque veut être capable d’identifier les applications potentiellement réutilisables entre plusieurs métiers, les doublons et surtout éviter de redévelopper des solutions existantes. « L’objectif est de bâtir un système d’information qui réponde aux enjeux des métiers, qui soit agile et dont les coûts récurrents sont optimisés, résume Jacques Afriat. Nous avons ainsi construit César, un catalogue des solutions applicatives réutilisables qui est consultable dans Mega. Il contient à la fois les applications régaliennes (comme les référentiels d’entreprise) et les applications mutualisables (comme la facturation). Des partages entre métiers peuvent ainsi avoir lieu. Ils ont été mis en œuvre une fois pour le crédit à la consommation, et une autre fois dans un projet pour les ressources humaines. »

Pour Natixis, ce projet constitue un investissement à moyen et long terme. Il permettra également d’identifier les applications les plus coûteuses à entretenir, et de décider de celles qui devront être « décommissionnées » (désactivées) après une sérieuse étude d’impact. Celle-ci sera d’autant plus aisée à réaliser que les applications, les données et les processus auront été bien cartographiés. Pour Natixis, il s’agit aussi de préserver sa capacité de développement de nouveaux projets.

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