MyCercle, l’outil qui rapproche l’entreprise de ses créanciers

le 13/03/2014 L'AGEFI Hebdo

Inédit en France, cet outil en « cloud computing » permet aux entreprises de distribuer une information ciblée et facilite ainsi le crédit client.

Photo : Fotolia

L'informatique « dans les nuages » sert aussi à faciliter le crédit client ! Tel est du moins le pari de MyCercle, une plate-forme technologique à l’usage inédit : mettre à disposition des acteurs économiques, à partir d’un serveur distant, les renseignements voulus sur leurs débiteurs.

Au fondement de cette start-up qui lancera son activité en fin de mois, la conviction qu’une information précise sur les débiteurs constitue un facteur clé du développement des affaires. Le porteur du projet n’est autre, il est vrai, que Jérôme Cazes, ancien directeur général de Coface et il y travaille depuis deux ans et demi avec une équipe de huit professionnels. « Le problème principal du crédit inter-entreprises est l’accès à une information de qualité, analyse le dirigeant. Dès qu’une société présente une quelconque complexité d’évaluation, ou si elle ne publie pas ses comptes, alors le 'credit manager' ou l’assureur-crédit hésite à consentir un crédit ou une garantie, faute d’informations fraîches. Or le plus souvent, un complément d’information permet de prendre le risque ». Les scores (notations) d’assureurs-crédit ou d’agences d’information comme Altares gomment les détails et ne permettent pas une appréciation qualitative. Il est vrai qu’il leur est très difficile de savoir ce qui se passe dans les entreprises entre deux arrêtés, les contacts entre les acteurs étant rares. « Souvent, le chef d’entreprise ne sait pas ce que veulent ses interlocuteurs et se retrouve désarmé », ajoute Jérôme Cazes.

L’idée de MyCercle est de permettre aux entreprises d’envoyer des informations sur leur santé à des interlocuteurs ciblés, en mode confidentiel. L’outil permet, inversement, d’émettre des demandes d’informations auprès de l’entreprise. Grâce au cloud computing, l’accès à l’information s’effectue sur un mode plus simple et rapide que dans les échanges traditionnels et, surtout, la mise à jour se fait naturellement, par l’ajout au fil de l’eau de nouvelles données.

Confidentialité

 

L’entreprise peut constituer plusieurs cercles de destinataires, en différenciant les informations fournies à chacun. Avantage majeur, l’outil permet donc aux participants de maîtriser la diffusion de l’information les concernant et leur garantit une grande confidentialité. Outre un système informatique robuste, il obéit à une charte de confidentialité, l’exploitant s’engageant à ne pas prendre connaissance des informations de ses abonnés et à ne rien publier sur les comportements des utilisateurs. L’intérêt du système est également pratique : il guide les entreprises dans leur utilisation via une grille très simple sur l’information qu’elles sont prêtes à partager.

Au premier chef, le système intéressera les spécialistes du crédit client et MyCercle a déjà noué des partenariats avec deux assureurs-crédit. « MyCercle, qui permet aux entreprises de cibler les partenaires auxquels rendre disponibles les comptes, voire des commentaires, des états intermédiaires de gestion, dans un format à peu près standardisé, ne peut qu’intéresser cette profession », estime Pierre Fournel, président du directoire d’Axa Assurcrédit. Mais les acteurs potentiellement intéressés sont multiples. La Banque de France a signé un partenariat avec la jeune pousse pour obtenir des informations à jour pour son activité de cotation. Des accords ont été également avec trois agences d’informations. Plusieurs autres partenariats sont en discussion…

Le système cible les PME. « MyCercle est particulièrement utile aux entreprises avec un chiffre d’affaires supérieur à 750.000 euros, le critère retenu par la Banque de France pour ses cotations : donc des entreprises déjà organisées et structurées, plutôt que les très petites, dont le risque se confond avec celui pris sur le dirigeant », précise Jérôme Cazes.

Bien sûr, tout l’intérêt du système sera lié au nombre de participants. Il devrait être encouragé par un système simple de facturation : l’acteur qui paye est celui qui souhaite le service, l’acheteur qui invite ses fournisseurs à consulter ses informations ou par exemple une banque qui invite une entreprise à lui fournir de l’information. Les entreprises abonnées payent 20 euros par cercle – un cercle se compose d’invités et des documents qu’ils peuvent consulter – et les collecteurs d’information, 2 euros par entreprise et par mois. Sur ces bases, le projet doit atteindre sa vitesse de croisière d’ici à l’an prochain...

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