Du modèle à la réalité

le 13/12/2012 L'AGEFI Hebdo

Pour s’adapter à la nouvelle donne, les banques de financement et d’investissement (BFI) ont choisi deux voies. La première, côté financements, semble évidente : délester le bilan des banques en distribuant leurs crédits à des investisseurs tiers (assureurs, gestionnaires d’actifs, etc.). Pour autant,

« ce n’est pas la révolution totale. On ne s’attend pas à voir le marché remplacer les banques. On est à des années lumière du marché américain », déclarait récemment AlainPapiasse, patron de la BFI de BNP Paribas (voir le graphique). D’autant que « la plupart des banques qui déclinent le modèle ‘originate-to-distribute’doivent faire travailler ensemble plusieurs entités provoquant des Yalta dans les instances dirigeantes des BFI », raconte PierreReboul, associé du cabinet Roland Berger. Autre écueil pour Bruno de Saint-Florent, associé chez Oliver Wyman, « les conditions ne sont pas réunies pour satisfaire les besoins des investisseurs : il faudra encore deux ans pour que les fonds de dette prennent de l’ampleur ».

La deuxième voie, côté marchés, est sujette à débat. « Les frontières deviennent plus indéfinies entre les étapes d’exécution des ordres, de ‘clearing’ (compensation, NDLR) et de conservation, affirme Bruno de Saint-Florent. Du fait du manque de ‘collateral’ exigible, le ‘clearing’ devient un avantage compétitif pour l’exécution, tout comme la conservation qui donne accès à du ‘collateral’ ». JPMorgan a par exemple rapproché ses métiers de marché et d’investment solutions dans une nouvelle ligne métier en juin dernier. Pour autant, « il n’y a pas encore de modèle futur unique pour les activités de marché, compte tenu des incertitudes réglementaires,rappelle le consultant. Mais le mix évolue en faveur des produits de flux ».

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