Mission accélération ou consolider les start-up avant financement

le 26/09/2013 L'AGEFI Hebdo

En aidant des jeunes pousses à structurer leur offre, les accélérateurs favorisent leur financement par les spécialistes de l’amorçage.

Les accélérateurs aident les start-up à lever des fonds - Photo : Fotolia

Ce ne sont ni des pépinières d’entreprises, ni des incubateurs. Les accélérateurs interviennent en amont de la création d’entreprise, lorsqu'une idée est là mais que tout ou presque reste à bâtir. Depuis deux ans, ils se sont multipliés à Paris et en province, essayant de reproduire l'exemple de la Silicon Valley où entrepreneurs de tous âges partagent expériences et réseaux. « L’accélération répond au concept de ‘lean start up’, explique Mathieu Genty, fondateur du Phare, un accélérateur grenoblois créé il y a six mois. Au lieu de développer un projet pendant deux ans puis de chercher des débouchés, on teste toutes les hypothèses d’un projet sur trois mois : clientèle cible, marché, modèle économique… Mieux vaut faire des erreurs le plus tôt possible avant que le produit soit fini afin de réorienter le projet si besoin est. Et on mise beaucoup sur le coaching, la formation et le soutien de la communauté. »

Faire court et percutant

Certains accélérateurs fonctionnent par promotions, à l’image de Spark, créé par Microsoft début 2013, qui vient de lancer sa deuxième promotion : après une phase de sélection des dossiers, les porteurs de projets sont soumis à un cycle d’accélération, période de travail intense avec des coaches, des mentors, des avocats, des experts-comptables, des ingénieurs, des développeurs… pour le faire aboutir vite. Chaque semaine, les « accélérés » présentent leur travail et partagent succès et échecs. Ils sont encouragés à collaborer et même à porter un regard critique d’utilisateur sur les autres projets. Des relations facilitées par les espaces de « co-working » que la plupart des accélérateurs ont ouvert. A l’issue de l’accélération, chacun devra présenter une offre viable de façon convaincante à un parterre d’investisseurs.

Le Camping, accélérateur fondé par Silicon Sentier en 2011, a accompagné quatre promotions de douze start-up, soit quarante-huit en tout. La sélection de la cinquième saison est en cours. « 55 % de nos start-up ont levé des fonds à l’issue de la période d’accélération, elles ont collecté en moyenne 258.000 euros chacune, soit 7 millions d’euros au total, et créé 189 emplois, souligne Elise Nebout, manager du Camping. Nous les accompagnons durant six mois : quatre mois d’accélération comprenant des rencontres avec des investisseurs et deux mois d’hébergement où nous continuons à les aider. Nous leur proposons des mentors ainsi que l’accès à un cabinet d’avocats, un expert-comptable, des spécialistes des ressources humaines, des relations publiques… et même des cours de théâtre pour qu’ils soient à l’aise lors des ‘pitchs’ », ces présentations courtes et percutantes de leur activité aux investisseurs, notamment.

Pour être efficaces, les accélérateurs font aussi intervenir des entrepreneurs. L'Accélérateur, fondé en 2012, a déjà accompagné une cinquantaine de projets dont l'un a levé deux millions d'euros de capital. Michel de Guilhermier, fondateur de l’Accélérateur et créateur d’entreprises, résume : « Notre volonté est de mettre de l'expérience et de la disponibilité d'entrepreneurs aguerris à la disposition de jeunes entrepreneurs. En échange, nous prenons 6 % à 7 % du capital, ce qui nous permet aussi de les suivre à long terme. » Un modèle retenu par 50Partners, qui prend 7 % du capital des entreprises accompagnées. En revanche, 50Partners sélectionne seulement quatre à cinq projets qui sont suivis sur le long terme. « Le financement des projets est primordial et nous nous assurons que 100 % des projets qui nous rejoignent lèvent des fonds, expose Jérôme Masurel, fondateur et associé. Les premières start-up sélectionnées ont levé entre 200.000 et 500.000 euros et certaines en sont au deuxième tour de table. » De même, Startup42, association créée par des anciens de l'Epita (école d'ingénieur) et sponsorisée par de grandes entreprises, privilégie les projets à contenu technologique mais n'oublie pas l'essentiel. « Pour décomplexer les relations aux fonds d'investissement et aux business angels, ces derniers sont invités à rencontrer les porteurs de projets durant la phase d'accélération, en amont de la 'prototype fiesta' qui réunit mentors, entreprises partenaires et investisseurs pour assister à la présentation des projets aboutis », détaille Daniel Jarjoura, ingénieur, entrepreneur et directeur de Startup42.

Les business angels et les fonds spécialisés dans la création d'entreprise, comme Partech, Ventech, 360° ou Kima Ventures, sont régulièrement présents lors des événements proposés par les accélérateurs. Et si tous les projets ne se transforment pas en or rapidement, ces périodes d'accélération sont autant de compétences et d'expérience acquises par les créateurs d'entreprise.

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