L’avis de... Arthur Wastyn, managing director du cabinet de conseil financier Red2Green

« Même des LBO de 2011-2012 reviennent déjà en restructuration »

le 18/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Voyez-vous actuellement beaucoup de petits LBO (« leveraged buy-out ») en difficulté ?

Notre activité « restructuring » s’était calmée en 2011-2012, mais elle est de nouveau très intense, notamment du fait de la rechute de certains LBO qui avaient connu une restructuration en 2009. A l’époque, de nombreux fonds ont accepté des allègements de dette insuffisants. Les financiers sont désormais aguerris et conscients de la nécessité de réponses rapides, massives et coordonnées aux tensions de trésorerie. Plus grave, la polarisation des forces vives de l’entreprise sur les enjeux de trésorerie au détriment de la gestion opérationnelle et du développement commercial dégrade leur compétitivité.

Les montages n’étaient-ils pas plus « raisonnables » après 2010 ?

Les ratios dette/Ebitda et dette/equity avaient effectivement été un peu rééquilibrés, mais ils restaient calibrés pour d'improbables scénarios de croissance de 3 %. Or ces structures sont très sensibles à toute diminution du chiffre d’affaires : par exemple, dans une société qui affiche un taux d’Ebit de 20 %, ce sont, à horizon trois ans avec une hausse des charges constante, la moitié des profits qui sont menacés en l’absence de croissance. On voit par conséquent déjà ressortir des problèmes sur certains LBO de 2011-2012.

Y a-t-il de nouvelles solutions ?

La fiducie apparaît de plus en plus comme un moyen de traitement des LBO en difficulté. Son principe est simple : confier temporairement à un tiers - le fiduciaire - la propriété d’un actif, charge à lui d’exécuter un plan préalablement arrêté entre le vendeur et l’acheteur, ce dernier ne devenant pleinement propriétaire qu’au terme du plan. Ce schéma permet des redimensionnements d’effectifs jugés trop risqués par un investisseur financier, ou de sécuriser une montée au capital des créanciers.

A lire aussi