Dossier fusions-acquisitions

Les marchés « small » et « midcaps » redémarrent timidement

le 09/01/2014 L'AGEFI Hebdo

Rothschild et BNP Paribas continuent de dominer les transactions sur des sociétés valorisées à moins de 100 et 500 millions d'euros.

 

Le segment midcaps du marché, qui avait légèrement diminué au niveau mondial en 2012 après deux années de progression, regagne seulement 4 %en 2013, selon Thomson Reuters, autour de 560 milliards d'euros hors effet de change. Dans l'Hexagone, la reprise est également timide puisque notre collecte a permis de recenser environ 39 milliards d'euros en 2013, pour 583 petites et moyennes transactions, contre 38 milliards sur 567 valeurs en 2012, 41 milliards pour 495 deals en 2011 et 33 milliards pour 389 opérations en 2010 (malgré un taux de réponses en hausse cette année avec 71 banques conseils sur les 109 contactées). De l’avis de tous, l’incertitude liée à la politique fiscale de l’Etat français a continué de peser sur l’activité, notamment pour les transactions impliquant des personnes physiques. L'indice Argos Soditic (réalisé avec Epsilon Research) sur les midcaps européennes indiquait cependant en novembre que le marché commence à se reprendre, « en volume et en valeur », après plusieurs semestres de faible activité. Les prix payés par les fonds de private equity sont passés depuis l’été de 6,7 à 7 fois l’Ebitda (tandis que ceux payés par les industriels baissaient à 6,1 fois l’Ebitda), du fait d’un intérêt plus marqué pour les sociétés à fort potentiel, peu nombreuses.

Développements à l’international

On retrouve comme chaque année les mêmes leaders : Rothschild devant BNP Paribas et Lazard. La banque de l'avenue de Messine reste également en tête en nombre de transactions : 55 au-dessous de 500 millions d'euros de valeur, et encore 30 au-dessous de 100 millions. Les grandes banques de financement, qui s’étaient placées sur les midcaps faute de mieux avec la crise, continuent d'être actives, dans une logique de service pour les clients en recherche de croissance via de nouvelles acquisitions plus petites et à l’international. Parmi les opérations transfrontalières, on notera celles sur KP Snacks, Socotec, Permaswage, Neolane, Terminal Link, Dexia AM, Arkadin, Pomellato, Goodrich Electric PS, Qioptiq, Electroshield, Hotchief Service Solutions, Balfour Beatty Worplace (BBW)...

« Les grandes BFI s’intéressent moins aux transactions au-dessous de 200 millions d’euros, ce qui laisse de la place aux rares boutiques qui, comme la nôtre, ont su constituer une internationale (300 banquiers, 15 bureaux) pour intervenir sur ce genre de transactions », nuance François Rispoli, managing director chez Lincoln International (13 transactions), qui a conseillé plusieurs cessions vers l’étranger : Globe Motors (pour Safran), Roche Bobois ou Meccano; ainsi que des acquisitions à l’étranger, comme les 51 % d’Emac Engenharia de Manutençao pour GDF Suez. Les processus tendent à être moins standardisés, avec moins d’enchères et davantage de rencontres informelles, qui peuvent donner lieu à des offres préemptives comme pour l’acquisition du Néerlandais SDU Uitgevers par les Editions Lefebvre Sarrut, conseillée par Invest Securities (14 transactions). Les banques qui peuvent s’appuyer sur un réseau, comme Société Générale et Crédit Agricole, restent bien placées. Leonardo confirme aussi ses ambitions à l’international avec des opérations comme Iberdrola Renovables France, Etrali ou Senior Living Group (après Mikli en 2012).

Cette internationalisation a moins bénéficié, cette année, aux équipes corporate finance des « Big Four » : PwC, Deloitte ou KPMG (EY n’a pas répondu). Si elles ont été moins présentes en midcaps, on les retrouve toujours bien classées en nombre de deals sur les small caps (inférieures à 100 millions d’euros de valeur), notamment Deloitte qui s’est rapproché en France de la société In Extenso Finance & Transmission (ex-MK Finance), très active sur ce créneau – les deux réseaux ont ainsi conseillés 48 deals small caps (38+10). Enfin, ces segments M&A small et midcaps ont fait l’objet d’autres mouvements notables ces derniers mois : la fusion opérationnelle d’Aforge avec Degroof a attiré de nouvelles expertises (Frank Ceddaha et Cyril Kammoun, ex-Oddo CF) tandis que Olivier Barret (ex-Credit Suisse), Pierre-Arnaud de Lacharrière (ex-Canaccord Genuity) et François Vigne (ex-SG CIB), ont annoncé la création de Sycomore Corporate Finance (avec Sycomore AM), et que Pramex International (soutenu par BPCE) s’est associée à Oseo. Toujours pour favoriser la croissance à l'international des PME

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