Dossier Partenariats public-privé

Le marché cherche à s'ouvrir aux entreprises de taille moyenne

le 26/01/2012 L'AGEFI Hebdo

Pour stimuler la concurrence avec les « majors » du BTP, des solutions favorisent la participation des PME.

Les partenariats public-privé (PPP) ne comptent pas que des projets de plusieurs milliards. Une étude récente de PricewaterhouseCoopers (PwC) indique que 60 % des contrats portent sur des investissements de moins de 30 millions d’euros. Or la part de marché des entreprises de taille moyenne est loin d'être aussi forte.

« Même sur les PPP de taille moyenne, représentant un investissement de 20 à 50 millions d’euros, le marché reste largement entre les mains des trois grands acteurs du secteur que sont Vinci, Bouygues et Eiffage, explique Christian Rasoamanana, associé PwC, responsable de l’expertise PPP et coordinateur de l’étude. Ces groupes ont pris de l’avance dans la structuration de ces contrats complexes, juridiquement et financièrement. Une situation inévitable dans une logique de contrat global. »

De fait, les offres au donneur d’ordre doivent coordonner plusieurs intervenants sur des prestations au long cours. « Les coûts de développement, notamment, sont lourds à supporter pour les sociétés moyennes, car il faut participer à des processus de sélection de deux à trois ans, en mobilisant une équipe projet », indique Maximin Bessi, associé chez Canopée, une société de gestion des PPP immobiliers. « Les montants en jeu peuvent atteindre plusieurs millions sur un projet de 50 millions », précise Christian Rasoamanana. Quelques acteurs de taille intermédiaire remportent tout de même des marchés, comme NGE dans les travaux publics. « Notre stratégie vise, depuis dix ans, à entrer sur le marché des PPP. De fait, sur les affaires de moins de 500 millions d’euros, nous avons accru notre part de marché depuis quatre ou cinq ans, confie Joël Rousseau, président de NGE, qui vient de remporter le projet de l’A150 pour 230 millions d’euros. La présence de sociétés intermédiaires parmi les candidats possibles aux appels d’offres est la condition d’une mise en concurrence effective, donnant tout son sens au nouveau modèle de projet public que constitue le PPP. »

Alliances

L’association à d’autres acteurs facilite la démarche des PME, et la création de Canopée en 2011 va dans ce sens. « Dans les PPP de taille moyenne, les sociétés de projet n’ont pas d’équipe dédiée à la gestion des équipements une fois la construction terminée, remarque Maximim Bessi, associé de Canopée. Il y a là un vrai besoin, notamment pour les PPP du bâtiment qui peuvent s’étendre sur trente ans. Notre équipe, composée de spécialistes de la gestion immobilière, a ainsi été consultée puis retenue pour la gestion du PPP pour l’Insep. » Côté services, un groupe comme Sodexo promeut les alliances avec des entreprises moyennes. « Sodexo a décidé de promouvoir une approche globale des projets des PPP intégrant la partie services, rappelle Isabelle Aprile, directrice du service PPP créé par le groupe en septembre 2010. Nous intervenons à la fois dans des projets d'envergure, comme membre d'un groupement auprès de 'majors' du BTP à l'instar de Bouygues dans le cadre du projet Balard, ou sur des projets de plus petite taille comme mandataire : notre stratégie consiste alors à créer des groupements alternatifs, dans lesquels nous nous associons à des partenaires régionaux, comme Baudin Chateauneuf dans le contrat sur l’hôpital de Troyes. »

Concernant le sujet crucial du financement, OFI Infravia, dont le lancement est prévu cette année pour un montant de 100 à 200 millions, représente une voie nouvelle. « Ce fonds associe aussi la Compagnie Benjamin de Rothschild et NGE, et sera consacré à des projets de quelques millions à quelques dizaines de millions d’euros, tant il nous semble que l’avenir du secteur se jouera dans les projets locaux », explique Vincent Levita, président d'OFI Infravia. L’objectif est aussi de répondre à la problématique de gestion du PPP par les PME. « Compte tenu des coûts en jeu, la bonne organisation de la gestion conditionne la rentabilité de l’affaire, poursuit-il. Nous voulons aider les acteurs à mutualiser un certain nombre d’interventions. »

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