Dossier Sport

Londres 2012, une pluie de médailles pour les primes d'assurance

le 19/07/2012 L'AGEFI Hebdo

La demande en matière de couverture durant les Jeux olympiques pourrait atteindre 5 milliards de dollars.

Parmi les nombreuses manifestations qui jalonnent le calendrier sportif, les JO tiennent une place à part. La demande en matière de couverture d’assurances est à la mesure de cet événement et pourrait égaler les 5 milliards de dollars assurés lors de la récente Coupe du monde de football en Afrique du Sud.

Responsable du global event practice chez le courtier Marsh, Patrick Vajda n’a pas raté une olympiade depuis 1992. Son équipe a ainsi créé une cartographie des risques olympiques en 1996 : « La liste de ces risques est vaste (entre 500 et 1.000, NDLR) et fluctuante selon les pays, explique le professionnel. Cela peut aller d’un retard au 100 mètres à un attentat terroriste ou à la disparition d'une enceinte sportive due à un incendie ».

Analyse et cartographie

Si l’impact de certains risques est trop important sur la vie humaine, le calendrier de l’événement ou encore ses finances, il est alors préférable de les réduire ou de les faire disparaître : « Le coût d'assurance de ce risque devient insupportable, ou pire, les assureurs le refusent », rapporte le professionnel. L’analyse et la cartographie ont néanmoins fait leurs preuves au fil des ans : « Entre les JO d’Albertville et ceux de Vancouver, le budget en assurances a été divisé par deux car l’analyse des risques a permis de trouver des solutions et de faire diminuer le coût global du risque », relate Patrick Vajda.

L’une des principales garanties du programme d’assurance des JO reste la responsabilité civile, qui couvre aussi bien les dommages corporels que matériels et immatériels sur des tiers : « Le propriétaire de l’arène d'O2 a ainsi tout intérêt à s’assurer très en amont de l’événement dès lors que des visites sont organisées dans cette infrastructure et peuvent entraîner des accidents », souligne Christopher Nash, souscripteur au sein du syndicat Sportscover 3334 SCS impliqué de longue date dans la couverture des JO. Pour les garanties d’abandon et l’annulation, les capacités impliquées sont énormes et placées pour l’essentiel auprès des réassureurs Munich Re et Swiss Re. Le premier a indiqué que son exposition financière pour une annulation complète des JO de Londres avoisinait les 350 millions d’euros tandis que Swiss Re a évoqué un chiffre de 200 millions de dollars. « Ce chiffre est net car il n’est pas réassuré, précise Tom Philipson, responsable du département contingency au sein de Swiss Re Corporate Solutions. Nous prenons en effet en charge l’ensemble des risques. » Sur le marché français, Tokio Marine Special Lines (TMSL) fait partie du pool des assureurs en charge d’assurer le village olympique français. TMSL garantit notamment le risque d’annulation de l’événement : « Les assureurs français s’attendaient à des retombées commerciales plus importantes de cet événement, indique Paul-Henri Lecointre, directeur de TMSL. Or l’impact commercial est resté presque marginal par rapport au volume global de notre activité en risque événementiel même si les retombées en termes de communication sont très fortes. »

Les chaînes de télévision sont aussi en première ligne du risque d’annulation. Elles doivent s’assurer dans le cas d’une impossibilité de transmettre les images ou encore dans l’éventualité d’un événement majeur qui amputerait le temps d’antenne, ce qui pourrait créer des difficultés en matière d’accords publicitaires avec les sponsors. « Les droits de retransmission télévisuels ont littéralement explosé au cours des dernières années, observe Christopher Nash. Et il est sans doute à prévoir que nous allons atteindre un plateau. » Dans l’intervalle, les risques liés aux JO de Londres ne devraient guère différer de ceux de Sydney où des problèmes en matière de gestion du trafic et du transport s’étaient posés. « Londres a subi au cours des dernières années un certain nombre d’attentats terroristes et la probabilité qu’un tel événement se produise durant les Jeux n’est pas à exclure. Nous avons donc dû analyser l’impact possible de ces risques, en sachant que les attentats n’avaient pas eu d’impact à Munich par exemple, ajoute Tom Philipson. Généralement, le risque terroriste est exclu des polices d’annulation mais il peut être réintroduit après coup. Pour les souscripteurs, il s’agit d’un risque difficile à assurer en raison du secret entourant les mesures antiterroristes. »

A lire aussi