La location longue durée en conduite accompagnée dans les groupes bancaires

le 13/03/2014 L'AGEFI Hebdo

Le développement d'Arval et ALD Automotive dépend des fonds propres que BNP Paribas et Société Générale veulent bien leur allouer.

Aucun des deux spécialistes français de la location longue durée (LLD) multimarque ne communique sur ses résultats financiers. Ordre de leurs maisons mères. ALD Automotive et Arval, filiales respectives de Société Générale et BNP Paribas, ne livrent donc que quelques chiffres sur leur activité de financement et de gestion de flottes automobiles.

La relation qu’elles entretiennent avec leur maison mère n’est donc appréhendée qu’en termes de coûts, ou plus précisément de consommation de fonds propres. Au regard du nombre de véhicules loués, donc achetés, l’encours à financer par les deux loueurs s’établit, selon nos calculs, autour de 8 à 10 milliards d’euros par an – bien peu à l’échelle de BNP Paribas ou Société Générale. Pourtant, dans une période où chaque euro de fonds propres compte, rechercher l’autonomie d’une filiale en termes d’emplois sur ressources n’aurait rien d’étonnant. Pour l’heure, ce n’est pas le choix de BNP Paribas qui refinance Arval à 100 % dans les pays à devise forte (euro, dollar, livre) et/ou dans lesquels elle dispose elle-même d’une activité, soit dans plus de 95 % des cas. Ailleurs, en Inde par exemple, le loueur fait appel à la dette bancaire.

En revanche, Société Générale a laissé ALD Automotive s’émanciper. Depuis que sa filiale dispose de sa propre notation financière acquise en 2012 (respectivement BBB- et A-2 pour les notes de long et court terme), elle se refinance à 25 % à l’extérieur du groupe. Pour la première fois en 2013, elle a réalisé deux émissions obligataires de 500 millions d’euros chacune et trois opérations de titrisations pour un montant global de 950 millions d’euros. De façon tout à fait marginale, les deux loueurs disposent d’une autre source de financement, leurs clients. En effet, certains grands comptes internationaux prêtent leurs excédents de trésorerie en contrepartie d’une réduction du coût global de leur location de véhicules.

Les émergents, toujours

 

ALD Automotive, dont le financement de véhicules représente plus de 75 % de son activité, soit un peu plus de 755.000 voitures en location à fin 2013, accorde davantage de place à la gestion de parcs automobiles (maintenance et autres prestations), sans contrat de location. Elle gère ainsi près de 245.000 unités, sans en être propriétaire, ce qui porte le total de sa flotte à un million de véhicules dans le monde. Une activité moins risquée puisqu’elle ne contraint pas, à l’inverse de la location, à supporter les aléas liés à la revente des véhicules. Cette stratégie de diversification, mise en place « avant la crise », « n’a pas de lien avec la consommation de fonds propres », assure Mike Masterson, le président-directeur général. Un axe de développement qu’Arval, avec seulement 40.000 véhicules en gestion pure, contre 685.300 en location au niveau mondial, ne privilégie pas du tout.

Mis à part ces divergences, ALD Automotive comme Arval s’appuient sur les mêmes leviers de croissance pour assurer leur développement. D’une part, les deux acteurs poursuivent leur conquête des pays émergents (il est intéressant d’être implanté dans un pays à partir de 5.000 véhicules, le seuil de rentabilité serait environ à 2.000 unités).

D’autre part, sur les marchés mûrs, la France en particulier, ils se tournent vers une catégorie d’entreprises encore peu familières avec la LLD : les TPE-PME. Un segment de clientèle que les deux loueurs touchent par l’intermédiaire d’accords noués avec des constructeurs et leurs réseaux de distribution. Ces contrats, commercialisés en marque blanche, représentent 15,7 % de la totalité de la flotte d’ALD (8 % en France). Ils accèdent également plus facilement à cette cible de clients par le biais de partenariats bancaires. Ainsi, grâce à la présence de sa maison mère en Europe et dans le monde, Arval a signé, à titre d’exemple, un accord commercial avec Bank of Nanjing en Chine. « En France, 40 % des affaires conclues avec des entreprises de taille moyenne sont apportées par la banque de détail ; 28 commerciaux sont dédiés à l’animation des 28 centres d’affaires de BNP Paribas », déclare Philippe Bismut, le président-directeur général d’Arval.

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