Du levier sur les chiffres ?

le 26/04/2012 L'AGEFI Hebdo

« François Hollande veut dégager 4 milliards d’euros de la déduction sur les intérêts d’emprunt dans les LBO », écrivait Les Echos en février. Pourquoi pas tenter de conforter ainsi les revenus de l’impôt sur les sociétés (IS) ? Mais il faudrait savoir si ce montant annoncé porte sur l’année fiscale - auquel cas il faudrait que la dette des LBO représente 60 milliards par an en France alors que c’est plutôt moins que le stock depuis six ans - ou sur l’ensemble cumulé dans les six années à venir, sous réserve que les banques continuent à prêter pour ce genre d’opérations. Une troisième hypothèse consiste à estimer que la mesure, malgré les critiques médiatiques réservées aux LBO, porterait sur tous les intérêts d’emprunts déduits dans le cadre de l’intégration fiscale des holdings : le chiffrage redeviendrait plausible au niveau annuel, mais mettrait en risque les financements (donc les investissements) de très nombreuses entreprises françaises. Nos politiques seraient décidément les rois du levier sur les chiffres...

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