LBO Waterland, Friedman Fleisher et Platinum les plus performants

le 08/12/2011 L'AGEFI Hebdo

Les français toujours bien placés

Un néerlandais domine le LBO (leveraged buy-out) mondial. C’est la surprise de ce troisième classement HEC-Dow Jones, « Private Equity Performance Ranking », sur la performance des firmes de capital-investissement. Réalisé par le professeur Oliver Gottschalg, il est élaboré à partir de l’ensemble des fonds levés par les maisons pendant dix ans, donc entre 1998 et 2007 pour ce classement 2011. Déjà troisième l’an passé, Waterland devient ainsi le gérant le plus performant, cette fois devant les californiens Friedman Fleisher & Lowe et Platinum Equity. Leonard Green, autre californien qui avait remporté les deux premiers classements, disparaît de celui-ci. « Dans la palette des millésimes étudiés, certains gérants bénéficiaient surtout de bons fonds levés dans les années 90 », rappelle l’auteur. Ce classement, qui ne comprend toujours pas de pondération par la taille des fonds sous gestion, désavantage les géants comme Blackstone, Carlyle ou KKR, même s’il voit se classer pour la première fois parmi les vingt premiers acteurs des firmes majeures comme TPG, PAI, Bain ou Apollo... Les français font encore très bonne figure, avec aussi Astorg et Axa PE.

L’équipe de recherche a étudié les performances fournies par 112 gérants (sur une sélection de 427 firmes répertoriées par Dow Jones), pour 327 véhicules levés durant la période, représentant 726 milliards de dollars. La méthode compte toujours trois critères : le TRI (taux de rendement interne), le DPI (multiple déjà réalisé sur le montant du fonds) et le TVPI (multiple déjà effectif mais aussi potentiel, en fonction des valeurs encore en portefeuille). Ces chiffres sont nets des frais et primes de gestion. Le classement prend aussi en compte la mesure des écarts types de ces critères de performance par rapport aux moyennes comparables sur l’échantillon, afin de bâtir un seul indicateur statistique - le « score » - à partir de ces six données (absolues et relatives), en pondérant chacun de ces chiffres en fonction de son dénominateur commun dans la performance de 492 fonds étudiés depuis 1980 via la base Thomson VentureXpert (VX). Une autre pondération sur la même base historique intègre le rapport entre performance et maturité du fonds.

Des scores resserrés

Au bout du compte, le score reflète les performances moyennes des vingt meilleures sociétés de gestion classées sur les six critères précités. Selon l’échelle ainsi prédéterminée, la note 1 représente la limite au-dessous de laquelle se trouvent 85 % des fonds comparables, 2 une performance deux fois supérieure, et la note 0 la moyenne de tout l’échantillon. « Point intéressant : on remarque la baisse du score des premiers classés, avec la note 2,42 pour le numéro un Waterland cette année, tandis que Leonard Green était numéro un l’an dernier avec 3,33, explique Oliver Gottschalg. Cela ne signifie pas que leurs rendements absolus ont baissé, mais que leur écart de performance - encore très important - avec les autres firmes de l’échantillon se réduit. Signe d’une convergence et d’une industrie qui mûrit chaque année un peu plus. »

Elle n’en reste pas moins complexe à apprécier. Pour preuve, Oliver Gottschalg s’apprête à créer, avec Cyrille Chevrillon et vingt autres acteurs du private equity réunis au sein de la Fondation HEC, un observatoire de recherche et d’enseignement spécialisé.

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