LBO Silver Lake, Warburg Pincus et Nordic Capital bien placés pour l’avenir

le 09/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Axa PE et PAI bien positionnés

Pour la deuxième année, Oliver Gottschalg, professeur à HEC, publie, dans le cadre d’un partenariat avec Dow Jones qui aboutit chaque hiver au classement mondial des firmes de capital-investissement les plus performantes (Private Equity Performance Ranking, L’Agefi Hebdo du 27 janvier), un deuxième classement s’intéressant à celles les mieux placées pour surperformer le marché dans les cinq ans (Private Equity Fitness Ranking, L’Agefi Hebdo du 13 mai 2010). Ce classement 2011 est marqué par l’arrivée de plusieurs grands noms, absents du précédent palmarès : ainsi, l’américain Silver Lake et l’européen Nordic Capital s’octroient directement les première et troisième places, encadrant Warburg Pincus. Doughty Hanson entre aussi en cinquième position.

Méthodologie affinée

« La méthode s’appuie sur une analyse à long terme des décisions passées. On y retrouve donc de grandes marques (Bain, TPG, Carlyle, GS, Apax, Blackstone, KKR, etc.) qui ont pu maintenir leur ligne de conduite malgré la crise, alors que de plus petits acteurs, bien classés l’an dernier, ont dû revoir leur stratégie », explique l’auteur de l’étude. Autre constat : les français Axa PE, premier l’an dernier, et PAI apparaissent en bonnes places (8e et 12e) dans ce tableau « qui ne prend en compte que le Top 20 des firmes présélectionnées pour l’échantillon ». Cet indicateur a cette année nécessité de filtrer, à partir des 33.025 transactions enregistrées entre 1983 et mi-2010 en Europe et en Amérique dans les bases Thomson Reuters VentureXpert, 225 firmes (représentant plus de 1.000 fonds et près de 1.000 milliards de dollars investis dans 20.000 transactions) sur des critères minimaux : 20 cessions déjà réalisées au 1er janvier 2011, plus de 100 millions de dollars investis et au moins cinq ans d’activité.

En amont, Oliver Gottschalg a repris les dix mêmes critères d’analyse que l’an dernier, susceptibles de capter le dynamisme d’une société d’investissement dans la durée : ces critères (voir le tableau) avaient été sélectionnés parmi trente facteurs étudiés sur la période 1996-2003 à partir de leur impact (positif ou négatif) sur la performance dans les cinq années qui ont suivi pour 217 sociétés de gestion classées de manière anonyme par HEC Buyout Database.

225 gérants étudiés

L’universitaire a ensuite appliqué, comme l’an dernier, ces dix critères traduits en un « score » statistique pondéré de leur poids relatif dans les performances de l’échantillon de référence (HEC Buyout Database) et représentant l’écart type des possibles performances futures par rapport à la performance moyenne comparable de cet échantillon de référence : au final, le score de 0 correspond à la performance moyenne anticipée des 225 firmes étudiées et le score de 3, celui de Silver Lake, correspond à 3 écarts types par rapport à l’échantillon de référence au-dessus de cette moyenne. Par ailleurs, les 20 gérants ici classés réaliseraient un rendement annuel au minimum (agrégé et pondéré par taille et âge des fonds) de 1,7 fois supérieur au rendement moyen des 225 gérants étudiés.

« Ce classement présente toujours des limites liées à l’aspect déclaratif des performances et à certaines évolutions comme la rotation des équipes », reconnaît Oliver Gottschalg. D’éventuels changements de pratiques liés à la crise pourraient l’amener à revoir la pondération des critères dans quelques années.

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