L’outil indispensable des SVT

le 01/12/2011 L'AGEFI Hebdo

Par Guy Marchal

L’interdiction des ventes à nu de credit default swaps (CDS) souverains (c’est-à-dire sans détenir l’obligation sous-jacente) vient d’être adoptée par le Parlement européen. L’idée de départ était de faire barrage aux hedge funds accusés d’utiliser cet instrument pour spéculer contre les dettes des Etats et de mettre à mal leur souveraineté. A l’arrivée, ce principe est en grande partie remis en cause. Les spécialistes en valeurs du Trésor (primary dealers) ou SVT en sont exemptés ; l’intérêt bien compris des gouvernements étant de préserver cette catégorie d’acteurs financiers, gros consommateurs de CDS.

Par définition, les teneurs de marché sont chargés de faire circuler le papier des émetteurs que sont les Etats vers les clients que sont les investisseurs. Leur travail est d’animer et d’assurer la liquidité dudit marché en vendant et en achetant les titres, donc d’avoir des positions flexibles, c’est-à-dire par moments de prendre le risque de se retrouver short. Par temps calme, les SVT ont à se couvrir uniquement contre le risque de taux par des swaps. Mais depuis la crise des dettes souveraines en zone euro, sont venus s’ajouter un risque de crédit et l’impérieuse nécessité pour les primary dealers de se couvrir par des CDS. Pas question de gêner dans leur travail ces pourvoyeurs de liquidité chargés d’huiler la mécanique des marchés de titres publics à un moment où elle a tendance à se gripper. Désormais, le mode d’organisation de nombreux SVT mêle cash et CDS, tant il est devenu indispensable de se protéger, explique un observateur.

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