Rencontre avec... Nicolas de Germay, président de l’Association pour le retournement des entreprises (ARE) et d’Alandia

« L’impression d’une boîte à outils complexe »

le 03/02/2011 L'AGEFI Hebdo

L’ARE et Deloitte publient une étude OpinionWay sur la perception des procédures de prévention par 300 dirigeants (voir le graphique, NDLR). Quelles conclusions en tirez-vous ?

Après une première étude mi-2007, nous constatons plusieurs évolutions positives : les deux tiers des répondants déclarent avoir désormais une vision de leur trésorerie à plus d’un mois, un début de prise de conscience de cet enjeu crucial. Deuxièmement, le banquier devient la première personne consultée (36 % des cas) : les entrepreneurs ne se cachent plus et sont prêts à engager ce dialogue en amont des problèmes. Mais cette confiance réciproque n’est durable que si leurs prévisions de cash s’avèrent fiables... Enfin, ils consultent désormais plus facilement l’Etat, dont ils utilisent les dispositifs, et leurs salariés.

Quelle est leur perception des procédures de prévention ?

Moins de 60 % se déclarent bien informés, comme en 2007, mais 68 % les jugent efficaces et 75 % souhaitent une négociation plus directe, que permettent pourtant ces procédures amiables comme le mandat ad hoc (souvent demandé par les créanciers). La compilation de lois depuis vingt-cinq ans laisse une impression de boîte à outils complexe. Cela dit, le message commence à passer : alors que 90 % des entreprises qui vont en liquidation judiciaire disparaissent, 60 % à 70 % de celles qui anticipent via une procédure de prévention sont sauvées... Le tout est de s’y prendre à temps, sachant qu’il reste une différence culturelle avec les pays anglo-saxons, où la réactivité des banques a institutionnalisé cette approche.

Comment voyez-vous l’année à venir ?

Les dirigeants sont plutôt confiants, mais la crise n’est pas finie : on sait bien que les entreprises peuvent connaître des difficultés de trésorerie lorsqu’elles redéploient leurs investissements pour rattraper le retard pris pendant la crise.

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