Jeux olympiques de Londres, un impact fugace sur l'économie

le 19/07/2012 L'AGEFI Hebdo

D'un coût estimé à 9,3 milliards de livres, les JO échappent à l’austérité.

Les Jeux olympiques à Londres en 2012 après ceux de 1908 et de 1948, c’est déjà un record en soi. Mais si, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les JO étaient désignés comme les « Jeux de l’austérité », ceux de 2012 seront perçus comme des Jeux de l’opulence, dans la lignée des JO précédents à Athènes, Sydney et Pékin où, à chaque fois, les budgets des organisateurs progressaient de manière exponentielle pour un nombre d’athlètes et de compétitions à peu près constant.

Le coût total des JO de Londres est estimé par le gouvernement britannique à 9,3 milliards de livres. Ils ont donc échappé à l’austérité budgétaire. Ce coût représente 0,55 % du PIB ou 1,4 % des recettes fiscales, selon Goldman Sachs qui rappelle que le quart du financement est assuré par la Loterie nationale britannique. Le Premier ministre David Cameron a expliqué que cet événement ne constituait pas « un luxe dispendieux par ces temps très durs » et a évalué les retombées économiques à 13 milliards de livres au cours des quatre prochaines années. Une étude de Lloyds Banking Group place la barre à 16,5 milliards.

Image positive

Sujettes à caution au niveau économique, les retombées sont indéniables en termes d’image. L’agence de notation Moody’s voit dans ce JO une « énorme opportunité marketing pour les entreprises ». Les économistes anglais qui se sont penchés sur la question voient, pour leur part, comme principal bénéficiaire le secteur des services, et en son sein le secteur de la publicité. Parmi les onze principaux sponsors des Jeux en affaire avec le Comité international olympique, Coca-Cola et McDonald's ont déboursé à eux seuls plus d’un milliard de dollars. Ce qui n’empêche pas leur image d’être attaquée à quelques jours de l’ouverture en tant que sponsors d’événements sportifs alors que ces firmes sont accusées d'être responsables de la montée de l’obésité dans le monde.

Quant à l’impact macroéconomique, il ne devrait pas être perceptible ou alors de manière fugace. L’économie britannique est entrée en récession fin 2011 (officiellement par la faute de la crise dans la zone euro) et ni le Jubilé de la reine mère, ni les JO n'ont laissé de traces positives dans le PIB. Les économistes sont nombreux à souligner l’impact perturbateur des jours fériés du Jubilé sur l’activité économique (en dehors du secteur boissons, en hausse de 2,2 % en mai), l’Office des statistiques anglais n’ayant pas jugé utile de publier des données CVS (corrigées des variations saisonnières). Quant à la construction, son niveau d’activité reste 10 % en dessous de celui de 2008, indique Moody’s pour qui il ne fait pas de doute que sa situation aurait été pire sans les JO.

Une chose est acquise pour les économistes, il n’y a pas de mauvaise surprise cachée pour les finances publiques. Londres n’est pas Athènes où les JO avaient eu pour conséquence première d’alourdir le ratio dette publique/PIB.

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