L’avis de... Antoine Gourévitch, responsable du centre d'expertise Système d'information au Boston Consulting Group à Paris

« Les informaticiens sont au plus près des opérationnels »

le 20/10/2011 L'AGEFI Hebdo

Comment les systèmes d’information viennent-ils répondre aux besoins du front-office ?

Depuis une vingtaine d’années, les systèmes d’information ont pris une place grandissante dans les salles de marché. Au départ, un informaticien était au service d’un trader, dans une relation de fournisseur à client. Progressivement, les systèmes se sont complexifiés et les équipes se sont professionnalisées. Deux modèles existent à présent : un modèle industriel dans lequel les rôles de la maîtrise d’ouvrage et de la maîtrise d’œuvre sont bien délimités, les données et les accès centralisés, des prestataires externes mis à contribution ; et un modèle « agile », dans lequel les équipes informatiques sont au plus près des opérationnels et construisent des solutions sur mesure. En réalité, de nombreuses banques développent le « multi-mode », passant d’un modèle à l’autre en fonction des cas.

Comment mesurer et optimiser les délais et la qualité des interventions ?

La gestion de la charge est essentielle. En début d’année, les grands projets de refonte sont définis, et des budgets sont alloués à chaque trader. En général, plus l’application est mûre, moins les besoins en maintenance sont importants. En termes de ressources, les opérationnels du front-office sont de plus en plus évalués sur ce que les évolutions qu’ils demandent rapporteront à l’activité du service. Concernant la qualité, certaines banques mesurent de manière très fine l’origine des dysfonctionnements détectés : sont-ils liés aux codes, aux serveurs, aux réseaux...

Les opérationnels et les informaticiens se comprennent-ils facilement ? Quelles sont les bonnes pratiques ?

Les relations entre traders et informaticiens sont plutôt matures. Les traders sont certes des clients exigeants mais ils disposent souvent de très bonnes connaissances de leurs systèmes. Cela facilite la compréhension mutuelle. L’enjeu pour les systèmes d’information est de bien comprendre les fonctions qui peuvent être partagées entre desks ou entre lignes de métiers, pour éviter de les développer plusieurs fois. Cette démarche permet également de réduire le risque opérationnel, de mieux contrôler les systèmes et de profiter d’une architecture plus fluide. Depuis 2008, des progrès notables ont ainsi été réalisés. Quant au directeur des systèmes d’information, il doit être capable d’arbitrer entre les projets, en expliquant ses choix en transparence. L’ensemble des applications constitue un patrimoine qu’il doit gérer de manière optimale.

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