Rencontre avec... Hugues Souparis, PDG fondateur d’Hologram Industries, coprésident de la commission R&D de Croissance Plus

« Il manque un relais privé dans la chaîne de financement »

le 14/07/2011 L'AGEFI Hebdo

Que penser de la politique de financement de l’innovation de l’Etat ?

Le crédit d’impôt recherche (CIR), principale mesure publique pour l’innovation, ne fait qu’alléger l’ensemble des prélèvements fiscaux et sociaux, malgré tout bien supérieurs à la moyenne des autres Etats européens. Et il est trop tôt pour mesurer son effet réel au-delà de l’emploi en R&D : les entreprises qui en faisaient déjà en font de façon plus évidente... mais il ne pourra avoir un véritable effet sur le chiffre d’affaires et l’emploi global qu’au bout de quelques années. C’est donc très bien qu’il ait été maintenu dans la crise. Il faut aussi conserver les autres dispositifs comme les outils Oséo ou les aides aux JEI (jeunes entreprises innovantes, NDLR).

Les manquements seraient-ils plutôt du côté privé ?

Un problème se pose souvent au bout de cinq ans, quand « l’essai n’est pas encore transformé ». Le business plan initial n’est généralement pas atteint. Si le dirigeant ouvre à nouveau son capital à des investisseurs privés, il se retrouve trop dilué. Avec la Bourse, qui tend aussi à mieux valoriser l’entreprise que les fonds, le dirigeant conserve au moins le contrôle opérationnel et reste « chez lui ». Mais il n’y a malheureusement pas vraiment de marché public adapté, malgré Alternext.

D'autres idées renforceraient-elles l’innovation ?

Un small business act serait une très bonne chose, mais on sait qu’on ne peut le bâtir qu’au niveau européen. Il faut surtout garantir, via des conventions et des procédures adaptées, l’équité dans les appels d’offres, qui s’adressent encore trop aux grands groupes par des spécifications les favorisant, alors que des PME sauraient être compétitives en termes de prix et de performances. Par ailleurs, j’ai imaginé un volontariat en entreprise pour l’innovation (VEI), sur le principe du volontariat international en entreprise (VIE), grâce auquel le Ministère de la Recherche mettrait le jeune chercheur universitaire à la disposition de l’entreprise qui paierait sous forme de prestations (sans charges sociales) : les doctorants manquent d’expérience en entreprises et celles-ci misent trop sur les ingénieurs...

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