Entretien avec... Jean-Pierre Fourcade, sénateur UMP, rapporteur à la Commission des finances du Sénat

« Il faut clarifier les doctrines d’investissement »

le 24/03/2011 L'AGEFI Hebdo

Vous avez lancé en décembre une « mission de contrôle » sur le FSI. Pour quelles raisons ?

Lorsqu’on a créé le Fonds stratégique d’investissement (FSI), l’Etat et la Caisse des dépôts (CDC) lui ont apporté des titres de participations, pour près de 14 milliards d’euros, et de l’argent frais, pour 6 milliards d’euros. En posant des questions sur la gestion de ces participations liquides, la Commission des finances du Sénat n’a pas obtenu de réponse claire. Nous avons donc décidé d’aller juger sur place. Pour l’instant, je vois que le FSI a très peu tiré sur ces titres : il a dû céder l’an dernier pour près de 60 millions d’euros de parts dans de grandes entreprises cotées, en dehors des 200 millions liés à sa sortie d’Edenred. Je vais poursuivre mes requêtes afin de clarifier la doctrine d’investissement du FSI.

La sénatrice centriste Nathalie Goulet a mis en cause des investissements « plus ou moins » responsables...

Le Parlement doit contrôler cela et s’assurer du caractère stratégique des investissements. Je pense que le FSI, étant redevable de l’argent public qui lui est confié, n’a pas pour l’instant fait de bêtises tant sur ce plan que sur le plan financier (les plus-values latentes comptent 350 millions d’euros imputables aux investissements cotés depuis sa création, NDLR). Mais son orientation stratégique reste à mieux préciser, de même que sa gouvernance.

Et concernant l’articulation avec l’APE ?

Nous nous sommes étonnés très tôt que le FSI étant amené à rester minoritaire, l’APE (Agence pour les participations de l’Etat) conserve elle aussi des participations minoritaires stratégiques. Cela pose la question d’une définition des missions de cette agence, et de leurs périmètres respectifs. D’autre part, pour jouer un vrai rôle, le FSI doit-il se contenter de participations minoritaires sans prise de contrôle ? Pour l’instant, son travail sur les entreprises et les filières accompagnées semble conforter son rôle « stratégique » pour l’avenir d’une politique industrielle de l’Etat dont il serait l’un des moyens d’action. Je compte cependant interroger en avril les différentes parties sur la cohérence entre l’APE, le FSI et la CDC, ainsi que sur les rapports avec Oséo. Des questions porteront aussi sur le Grand Emprunt et les participations directes de la Caisse.

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