HSBC va pouvoir tourner la page de la restructuration

le 14/11/2013 L'AGEFI Hebdo

Le géant britannique parie sur de meilleures perspectives économiques mais reste prudent sur les évolutions réglementaires.

Comme BNP Paribas en France, HSBC poursuit ses efforts de réduction de coûts sur fond de stagnation de ses revenus globaux (voir le tableau). Le géant britannique, qui a vendu quelque 60 activités et licencié 46.000 collaborateurs, a encore abaissé ses frais de gestion de 400 millions de dollars sur le trimestre, portant à 4,5 milliards de dollars les réductions de coûts depuis le lancement du plan en 2011. Pointant du doigt l’importance donnée par le groupe à cette stratégie de restructuration et au maintien d’un coefficient d’exploitation trimestriel à 61 %, les analystes ont pourtant été déçus. De fait, l’inflation des salaires et les dépenses liées à la réglementation ont continué à peser sur les comptes. Le directeur général de HSBC, Stuart Gulliver, admet même qu’en l’absence d’un environnement favorable pour les revenus l’an prochain, le groupe ne serait pas en mesure de compenser la hausse naturelle des salaires de 2 % en jouant la carte des gains d’efficacité. En parallèle, les coûts de conformité n’ont cessé de progresser : le nombre total de collaborateurs travaillant dans cette fonction est passé de 2.000 à la fin 2011 à 4.700 aujourd’hui, avec quelque 1.600 recrutements depuis décembre 2012.

L’évolution du contexte réglementaire constitue un casse-tête. Outre le règlement des litiges en cours (lire pages 8 à 11), HSBC affiche sa prudence sur les futurs ratios de capitaux, sur lesquels l’autorité de supervision prudentielle britannique continue de plancher après avoir lancé une consultation. « Un certain nombre de facteurs doivent encore être clarifiés, souligne Stuart Gulliver. Nous ne savons pas encore comment et quand ces ratios seront appliqués. Mais il est important pour nous de générer un ratio important afin de continuer à payer des dividendes. » Selon les normes CRD4 qui fixent les règles européennes sur les exigences de fonds propres, le ratio Core Tier one de HSBC s’est élevé à 10,6 % fin septembre, pour 10,1 % à fin juin. Sur la question du plafonnement des bonus européens, la banque a affiché son intention de continuer à défendre la compétitivité du secteur, sans donner plus de détails sur sa position.

A l'Est, du nouveau

En attendant, les résultats trimestriels de HSBC ont ravivé les couleurs du secteur bancaire britannique. A la faveur d’une réduction significative des provisions pour créances douteuses, le groupe a en effet dégagé un bénéfice avant impôts et éléments exceptionnels de 5,1 milliards de dollars (3,8 milliards d'euros), en hausse de 10 %. Par marchés, Hong Kong et le Royaume-Uni offrent les tonalités les plus chaudes, dégageant plus de la moitié des profits imposables sous-jacents du groupe. « Hong Kong continue à bénéficier de ses liens économiques serrés avec la Chine et nous restons bien placés pour tirer parti de l’amélioration des conditions économiques dans ces marchés », souligne Stuart Gulliver qui se félicite de la stabilisation économique en Chine et de son implication sur le reste du continent. Le retour à la croissance de la Grande-Bretagne devrait aussi offrir de meilleures performances qu’en zone euro. Enfin, Stuart Gulliver indique que la reprise du marché immobilier aux Etats-Unis, couplé à un appétit plus aiguisé des investisseurs, pourrait conduire à une accélération de la cession de ses opérations de prêts à la consommation et prêts individuels américains (US Consumer Mortgage and Lending Portfolio). La majorité de ce portefeuille devrait être vendu d’ici à 2016.

Par secteurs, la banque d’investissement, dont les recettes ont pourtant reculé à hauteur de 2 % sur une année et de 13 % par rapport au deuxième trimestre, n’a pas démérité face à la concurrence. Une étude de Deutsche Bank a estimé que les recettes de banque de financement et d’investissement ont globalement reculé de 17 % entre le deuxième et le troisième trimestre 2013 et de 15 % sur une année, à 54 milliards de dollars. Le recul a été encore plus brutal dans le secteur des taux, changes, matières premières et trading : -33 %. Seules les plus importantes banques commerciales ont pu tirer leur épingle du jeu : HSBC, Citigroup et JPMorgan ont ainsi vu leur part de marché combiné dans le secteur des changes, matières premières et taux, progresser de 23 % en 2012 à 27 % sur les neuf premiers mois de 2013, et de 17 % par rapport à 2006. Une lueur d’espoir est ainsi portée par une poignée de banques, pourtant profondément transformées par la crise.

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