Herbert Smith Freehills, nouveau géant asiatique

le 27/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Le cabinet d’avocats britannique Herbert Smith et l’australien Freehills fusionnent ce 1er octobre, pour se renforcer notamment en Asie.

Le nouvel ensemble Herbert Smith Freehills dispose de 2.800 avocats dont 460 associés répartis dans 21 bureaux dans le monde en Europe, Asie, Australie, Moyen-Orient et, depuis septembre 2012, aux Etats-Unis.

Un nouveau grand cabinet d’avocats d’affaires s’apprête à voir le jour. Le britannique Herbert Smith et l’australien Freehills vont fusionner. « Le nouvel ensemble, baptisé Herbert Smith Freehills, sera lancé, comme prévu, le 1

eroctobre, déclare Jonathan Scott, senior partner d’Herbert Smith. Les autorités de régulation nous ont donné leur autorisation. » Herbert Smith Freehills sera le huitième plus grand cabinet mondial, en nombre d’avocats. Spécialisée notamment dans l’énergie, les matières premières, la résolution de litiges et les fusions-acquisitions, la nouvelle structure est d’ores et déjà en place. « Il s’agit d’une fusion entre égaux. Herbert Smith Freehills sera donc codirigé par le 'managing partner' d’Herbert Smith, David Willis, et par celui de Freehills, Gavin Bell, durant la période d’intégration, c’est-à-dire au moins durant les dix-huit premiers mois », explique Jonathan Scott. Les deux cabinets seront financièrement intégrés : le profit réalisé sera partagé entre les 21 bureaux du nouvel ensemble.

Le pivot australien

Afin de fêter sa naissance imminente, 500 avocats des deux cabinets se sont réunis pour la première fois à Paris, à l’hôtel Intercontinental les 20 et 21 septembre, pour commencer à travailler ensemble. Un moment envisagée en Australie, cette rencontre a finalement eu lieu dans la capitale française où Herbert Smith possède, depuis 1964, un bureau qui compte désormais plus de cent avocats. Toutefois, c’est bien dans la zone Asie-Pacifique que le nouvel ensemble réalisera la plus grosse part de son activité. Sur un chiffre d’affaires global de 847 millions de livres sterling (1,1 milliard d’euros), plus de la moitié, soit 450 millions de livres , proviendra d’Asie et d’Australie. « Herbert Smith Freehills sera le plus grand cabinet international intégré d’Asie », souligne Jonathan Scott.

Alors que les cabinets d’avocats sont confrontés à un ralentissement de leur activité, sur fond de crise, « nos clients nous demandent de plus en plus d’être globaux, et de leur offrir un service intégré dans les pays en forte croissance, en particulier dans la région Asie-Pacifique », indique Jonathan Scott. Avant de constater : « L’Asie-Pacifique est l’un des marchés où la demande de services juridiques affiche la plus forte progression au monde. » Herbert Smith, qui figure parmi les dix premiers cabinets britanniques, était déjà bien implanté en Asie, possédant des bureaux en Chine, à Taïwan, au Japon, en Indonésie et à Singapour. Mais il n’était pas présent en Australie. « Avec Freehills, nous sommes enfin présents dans ce pays. Nous accédons au marché australien, et il intéresse beaucoup nos clients asiatiques. Nous renforçons aussi significativement nos équipes en Asie, où nous étions en sous-effectifs face à l’envolée de l’activité. »

De son côté, Freehills, numéro un en Australie, était peu développé à l’international hors Asie. « Durant des années, nous avons concentré nos efforts sur notre marché domestique, confie Mark Crean, senior partner de Freehills. Notre priorité est désormais d’avoir un réseau international afin de mieux suivre nos clients, notamment nos clients chinois qui sont de plus en plus nombreux. Grâce à la fusion, nous aurons accès au réseau d’Herbert Smith en Asie, mais aussi en Afrique et en Europe. » Les clients chinois de Freehills pourront ainsi être conseillés par les avocats du bureau de Paris d’Herbert Smith pour investir en Europe ou en Afrique francophone.

Implantation en Allemagne

Afin de se renforcer encore en Asie, le nouvel ensemble va ouvrir un bureau en Corée, début 2013. Cependant, il ne négligera pas non plus le Vieux Continent. Il projette même d’y grandir avec l’ouverture, au premier trimestre 2013, d’un bureau en Allemagne d’une trentaine d’avocats. Par ailleurs, un bureau vient d’être ouvert à New York, mais il ne compte qu’une petite dizaine d’avocats.

Les deux cabinets sont donc géographiquement complémentaires. Ils possèdent peu de bureaux en doublons, sauf à Singapour et en Indonésie. A cet égard, cette fusion se distingue de celle de l’américain Hogan et du britannique Lovells en 2010. « Le rapprochement entre Hogan et Lovells a été difficile, marqué par de nombreux départs d’avocats, parce que ces cabinets avaient trop d’activités en commun, estime un expert. Herbert Smith Freehills devrait éviter cet écueil. » Cependant, fusionner est toujours un exercice périlleux, en particulier dans ce secteur : « Rapprocher les équipes et les hommes est ce qu’il y a de plus compliqué dans les fusions entre cabinets d’avocats où le capital humain est ce qui a le plus de valeur », relève la même source.

Malgré cette difficulté, les fusions s’y poursuivent, soutenues par la recherche de nouvelles sources de croissance. Outre Herbert Smith et Freehills, le britannique Ashurst et l’australien Blake Dawson se sont unis au cours des derniers mois. « Les fusions vont continuer en Asie, les cabinets américains s’intéressant de plus en plus à cette partie du monde », prédit Jonathan Scott.

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