Dossier La Défense

Grands travaux en vue pour soulager un réseau saturé

le 05/04/2012 L'AGEFI Hebdo

Face à l’engorgement de La Défense, des travaux sont en cours. Le chantier du prolongement d’Eole vers l’ouest doit commencer en 2013.

ER bondés, quais noirs de monde, escaliers roulants surchargés. Tel est le lot quotidien de ceux qui viennent travailler à La Défense. Tous les matins, entre 8h et 9h30, une marée humaine déferle dans les gares. « A l’heure de pointe, 75.000 voyageurs entrent ou sortent de La Défense », constate Youenn Dupuis, responsable de la mission Grand Paris à la RATP.

Ici, les phénomènes de saturation rencontrés sur l’ensemble du réseau de transports en commun d’Ile-de-France sont décuplés. « Le problème est que cela fait vingt ans que l’on construit des immeubles à La Défense, mais qu’aucun investissement n’a été réalisé en matière de transport », déplore Jean-Marc Castaignon, directeur de l’immobilier du groupe Société Générale. Non seulement les infrastructures n’ont pas évolué, mais elles ont vieilli. « La situation de La Défense, comme de l’ensemble du réseau, est liée à un manque criant d’investissements depuis les années 90, alors même que le nombre de voyageurs n’a cessé de croître », explique Sandrine Gourlet, directrice adjointe des investissements du Syndicat des transports d’Ile-de-France (Stif).

La ligne la plus chargée d’Europe

La fréquentation sur le RER A, qui dessert La Défense, a ainsi augmenté de 20 % en dix ans, atteignant 1,2 million de voyageurs par jour en semaine, ce qui en fait la ligne la plus chargée d’Europe. La raison ? « De plus en plus de personnes habitent à l’est de la région parisienne, et viennent travailler à l’ouest, d’où des transferts massifs de population sur de longues distances », souligne Youenn Dupuis.

Pour faire face à la situation, un plan de modernisation du réseau est en cours dans le cadre du projet du Grand Paris, annoncé par le gouvernement en 2009 et destiné à améliorer les transports en Ile-de-France. Ce plan, d’un montant de 12 milliards d’euros d’ici à 2025, concerne les usagers de La Défense puisqu’il vise à rénover les RER, dont le RER A. Sur cette ligne, de nouvelles rames à deux niveaux ont été mises en circulation depuis décembre. « Ces rames permettent d’augmenter de 50 % le nombre de voyageurs transportés, indique Youenn Dupuis. 60 rames à double niveau vont circuler d’ici à 2014, et 70 supplémentaires d’ici à 2017. L’objectif est que toutes les rames circulant à l’heure de pointe sur le RER A soient à deux niveaux. » Surchargée, la ligne 1 du métro, qui dessert La Défense, est aussi concernée. Elle doit être entièrement automatisée d’ici à fin 2012, afin d’assurer un trafic plus régulier. Autre changement fin 2012 : la mise en service du prolongement du tramway T2 de La Défense vers Pont de Bezons.

Relier La Défense à Saint-Lazare

A plus long terme, le projet Grand Paris prévoit une extension du réseau de RER et de métro. L’objectif est de favoriser les déplacements directs d’une banlieue à l’autre, sans passer par le centre de Paris, et de désengorger les lignes actuelles. A ce stade, le projet le plus avancé est celui du prolongement vers l’ouest d’Eole, le RER E, de la gare Saint-Lazare à Mantes-La-Jolie, via La Défense. Il devrait réduire de 10 % à 15 % la fréquentation du RER A. 47 km de lignes et 3 gares, dont une à La Défense, doivent être construits pour un coût de 3,2 milliards d’euros. « Les travaux doivent être lancés début 2013, précise Sandrine Gourlet, directrice adjointe des investissements du Stif. Il s’agit de réaliser d’abord le tronçon entre Nanterre et Mantes, puis de creuser un tunnel sous La Défense jusqu’à Saint-Lazare. » La gare de La Défense devrait se trouver sous le Cnit (Centre des nouvelles industries et technologies)… à 26 mètres de profondeur. « Il s’agit d’un chantier techniquement très compliqué, car le sous-sol de La Défense est très encombré, comprenant des tunnels, des parkings, les fondations des tours, et les pieux sur laquelle repose la dalle », poursuit-elle. La nouvelle ligne devrait être mise en service d’ici à 2020. Autre grand chantier qui devrait aussi améliorer la desserte de La Défense : le métro Grand Paris Express. Son schéma a été validé par décret en août 2011, après des années de conflit entre l’Etat et la région Ile-de-France. Ambitieux, il prévoit la construction d’un gigantesque réseau de métro automatique autour de Paris, qui permettrait de relier les grands pôles urbains d’Ile-de-France, les gares TGV et les aéroports (voir le plan). Ce réseau comporterait 4 lignes de métro automatique (lignes rouge, verte, bleue, orange) qui doivent s’étendre sur près de 200 kilomètres et compter 72 gares. « Le Grand Paris Express est très important pour La Défense, souligne Philippe Chaix, directeur général de l’Epadesa. Grâce à la ligne rouge, notre quartier sera directement relié aux aéroports de Roissy-Charles-de-Gaulle et du Bourget. » Reste que cette ligne rouge, également baptisée rocade, qui s’étendra sur 95 kilomètres, ne devrait pas voir le jour avant 2025, et son coût est très élevé, atteignant 15 milliards d’euros. Au total, le Grand Paris Express devrait coûter plus de 20 milliards d’euros, financés par l’Etat, l’emprunt et la fiscalité.

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