Gide poursuit son offensive dans le droit des affaires en France

le 27/02/2014 L'AGEFI Hebdo

Le cabinet d’avocats d’affaires français continue de recruter dans le « restructuring » et le contentieux afin de renforcer son expertise.

Gide se renforce encore sur marché français. Le cabinet d’avocats d’affaires continue d’y recruter, quelques mois après avoir intégré presque toute l’équipe du bureau parisien de l’américain Morgan Lewis & Bockius, soit 19 avocats, spécialisés en fusions-acquisitions, en novembre. Début mars, deux nouveaux associés, Gabriel Sonier et Caroline Texier, tous deux issus du cabinet international Dentons, doivent ainsi rejoindre le cabinet français.

« Nous renforçons nos positions dans le domaine du ‘restructuring’, dont l’activité est soutenue, explique Stéphane Puel, managing partner. De plus en plus de fonds américains s’intéressent à la dette des entreprise françaises en restructuration. » Par ailleurs, Gide va recruter un nouvel associé en matière de contentieux. Il s’agit de Patrick Ouart, ancien secrétaire général de LVMH et conseiller pour les affaires judiciaires de Nicolas Sarkozy, qui dispose d’un important carnet d’adresses. « Il va nous aider à développer notre expertise dans le domaine du contentieux, notamment à l’international », souligne Baudouin de Moucheron, senior partner.

Au total, Gide a recruté pas moins de 34 avocats au cours des derniers mois, dont 17 associés, tant en France qu’à l’international. Il s’agit d’un vrai changement de culture pour ce cabinet qui, jusqu’à récemment, avait toujours misé sur la croissance endogène pour grandir. L’avocat, formé au sein de la maison, y faisait toute sa carrière avant de devenir un jour associé. « Stéphane Puel et moi-même sommes de purs produits maison. Mais nous avons voulu nous ouvrir vers l’extérieur, en recrutant des avocats d’autres cabinets », explique Baudouin de Moucheron.

Redémarrage

Ce changement de stratégie intervient alors que l’entreprise a été confrontée à une série de départs en 2013 et à un contexte difficile. La crise économique a pesé, attisant encore la concurrence, tant des cabinets anglo-saxons que des « boutiques » en France. Résultat : son chiffre d’affaires global est resté stable l’an dernier, à environ 200 millions d’euros. Il aurait stagné à Paris et progressé à l’international, selon sa direction. « Depuis quatre mois, l’activité redémarre toutefois. L’année 2014 a bien commencé. Le segment de fusions-acquisitions est désormais plus soutenu, porté par l’international », constate Stéphane Puel. Dans cet environnement, Gide veut continuer à être un « multi-spécialiste », présent sur tous les domaines du droit des affaires à Paris, où il compte 350 avocats. « Pour cela, nous devons être agiles, pour pouvoir renforcer nos expertises quand nous en avons besoin », insiste Stéphane Puel.

A l’international en revanche, l’objectif du cabinet, qui compte 277 avocats à l’étranger, n’est pas d’être pluridisciplinaire. « Nos bureaux doivent se spécialiser dans certains domaines », indique Stéphane Puel. Certains ont vocation à être renforcés. C’est le cas de celui de Kiev, en Ukraine, qui vient de voir ses effectifs doubler. Neuf avocats, dont deux associés, ont ainsi été recrutés au 1er janvier. Tous sont issus du cabinet allemand Beiten Burkhardt. Le bureau de Moscou a également embauché de nouveaux collaborateurs. En revanche, le bureau de Bucarest est sorti, depuis le 1er février, du giron de Gide. Celui-ci ne compte donc plus 18 bureaux dans le monde, mais 17. « Nous desservons désormais la Roumanie à partir de notre bureau de Budapest », souligne-t-on au sein du cabinet. C’est un avocat de Gide, Bruno Leroy, qui a repris le bureau de Bucarest, qui sera géré de manière indépendante. Le plus international des cabinets français n’a plus vocation à être présent, physiquement, dans certains pays. 

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