GE Capital France face au nouveau périmètre de son activité affacturage

le 02/12/2010 L'AGEFI Hebdo

GE Factofrance a perdu les encours du CIC et racheté l’activité de RBS. Il peut maintenant repartir de l’avant en France et à l’international.

Crédit-bail, gestion de flottes automobiles, affacturage : les activités de financement des entreprises de General Electric en France ont pris leur place sous la bannière de GE Capital (L’Agefi Hebdo du 22 octobre 2009), avec « une même équipe commerciale chargée de présenter l’ensemble de la palette des offres : 350 personnes (sur 1.200 salariés) réparties entre Paris et nos quatorze implantations régionales », précise Patrice Coulon, son directeur général adjoint (DGA). Après avoir souffert de la crise, tous les métiers retrouvent maintenant le chemin de la croissance, avec toutefois une problématique particulière dans l’affacturage. « L’activité devrait terminer l’année à +17 % par rapport à décembre 2009 », dévoile Patrice Coulon. Une croissance non négligeable, mais inférieure à celle du marché. Ce que ne dit pas le DGA, c’est que sa société a perdu les encours de Facto CIC.

Cette filiale, créée en 1992 par le CIC (racheté en 1998 par Crédit Mutuel) et Factofrance (repris par General Electric en 2001), lui offrait jusque-là un débouché bancaire et 10 milliards d’euros annuels de créances financées. Selon des sources internes à la coentreprise, le groupe Crédit Mutuel-CIC, qui n’a « aucun commentaire à faire sur ce sujet », a racheté avant l’été à son partenaire sa participation de 36 % et conclu avec lui un contrat de niveau de service. Le volume de factures financées par GE Factofrance s’élèverait ainsi à environ 25 milliards d’euros fin 2010, incluant Factobail (spécialisée dans le secteur des technologies de l’information et de la communication) et Cofacrédit (filiale d’affacturage à l’export détenue à 64 % aux côtés de Coface), sans compter l’activité reprise à Royal Bank of Scotland.

Indépendance

GE Factofrance a signé le rachat de RBS Factor en France le 1erseptembre. « Nous avons rebaptisé l’entité GE Factor, explique Patrice Coulon. Filiale à 100 %, elle restera indépendante et dédiée aux activités en ‘home service’ (l’entreprise cliente conserve la gestion des factures et leur recouvrement, mais le paiement est effectué à l’ordre du factor, NDLR). » Seuls seront intégrés le commercial et le back-office, ce qui pourrait conduire à une cinquantaine de suppressions de postes sur un total de 120. Quant à la migration informatique, elle devrait aboutir à la fin du premier trimestre 2011. L’ex-RBS Factor apporte ainsi environ 3 milliards d’euros de factures achetées supplémentaires à GE Factofrance. Pas de quoi tenir la dragée haute à son grand rival Eurofactor (Crédit Agricole) qui enregistre une activité en hausse de 24,2 % entre les troisièmes trimestres de 2009 et de 2010, pour atteindre 25,6 milliards de chiffre d’affaires « factoré » sur neuf mois.

« Les filiales bancaires ont capté beaucoup de petits contrats en vente au guichet », glisse Patrice Coulon. Elles auraient surtout bénéficié de transferts, les conseillers entreprises proposant le service maison (Natixis Factor, BNP Paribas Factor, CGA, etc.) pour sécuriser leurs encours. GE Factofrance, qui a pâti de l’absence d’un réseau, affiche pourtant son indépendance comme un facteur décisif pour des entreprises qui cherchent une prestation d’affacturage sans froisser leurs banques.

Le factor est ainsi reparti à la conquête des clients « de toutes tailles et de tous secteurs, soutient son DGA. Avec le ‘home service’, nous disposons d’une prestation nouvelle et complémentaire à proposer ». En outre, si les PME représentent bien sûr la majorité de ses clients, « nous traitons de plus en plus de contrats paneuropéens, un portefeuille qui, avec les contrats exports, représente déjà un quart de nos volumes de créances en France. Nous pouvons bâtir des solutions sur mesure, en travaillant avec les entités GE Capital en Allemagne, en Italie et au Royaume-Uni. » Indépendance et dimension internationale restent ainsi les deux arguments de poids de GE Capital France.

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