G20, enjeu national

le 27/01/2011 L'AGEFI Hebdo

Mobilisation générale pour la présidence française du G20. Jamais un tel dispositif n’a été mis en place, ni porté avec autant d’énergie par un président de la République. Tous les organes de l’Etat sont en ordre de marche : à l’Elysée, au Ministère de l’Economie et des Finances et dans les administrations de Bercy, à la Banque de France, mais aussi au Ministère de l’Agriculture, des Affaires étrangères, ou encore du Travail et de l’Emploi, les équipes projet G20 sont constituées, et les sherpas, sous-sherpas et autres coordinateurs de filières déjà à l’œuvre (lire L'Evénement).

Au niveau international, les groupes de travail et d’études sont installés. Les organisations multilatérales sont elles aussi mises à contribution et devraient bientôt produire moult rapports. Le calendrier est serré, nanti d’innombrables réunions et autres séminaires, destinés à rapprocher les positions des vingt pays et à assembler l’ensemble des contributions avant le point d’orgue de l’année, le sommet de novembre à Cannes.

Une mobilisation exceptionnelle qui ne devrait pas être de trop au vu de l’ampleur des travaux, et des divergences qui ne manqueront pas de se manifester.

En s’attaquant à la réforme du système monétaire international, la lutte contre la volatilité des matières premières, la modernisation de la gouvernance mondiale et le financement du développement, la France mise sur des sujets d’actualité étant donné les tensions actuelles sur les marchés, mais qui sont loin de faire l’unanimité parmi les membres du G20. Nicolas Sarkozy a certes obtenu l’engagement d’Angela Merkel, Dmitri Medvedev et David Cameron de s’impliquer dans certains chantiers. Mais sans promesse ferme des Etats-Unis et de la Chine, les chances d’avancées sur le thème des changes sont bien minces.

Nul ne doute de la volonté de la France de vouloir réussir sa présidence et de démontrer de l’utilité de cet exercice de dextérité internationale. Mais les ambitions paraissent un peu démesurées, même si la présidence est consciente qu’elle ne réglera pas l’ensemble des sujets en une année et assure demeurer modeste. Il faut espérer que cette mobilisation ne remettra pas en cause les autres sujets de long terme, ô combien importants pour la sphère financière, et déjà sur le métier, comme la régulation des activités bancaires exercées par des institutions non bancaires, le fameux shadow banking, ou l’intégrité et la transparence des marchés financiers. Très certainement moins médiatiques, ils méritent tout autant une concentration des énergies.

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