L’avis de... Hervé Demoy, associé spécialiste du secteur financier chez PwC

« Les fusions-acquisitions liées au secteur financier français à un bon niveau »

le 05/07/2012 L'AGEFI Hebdo

Qu’en est-il du redémarrage des cessions sur les financières annoncées en décembre ?

Après avoir atteint l’an dernier un plus bas depuis neuf ans, nous pensions que le marché des fusions-acquisitions dans le secteur financier européen reprendrait en 2012, notamment du fait d’une pression à la vente en vue de renforcer les fonds propres des banques avant la date butoir fixée à fin juin par l'EBA (Autorité bancaire européenne). Notre cabinet avait estimé la valeur des actifs européens non stratégiques à 1.300 milliards d'euros en avril 2011. Et de nombreux processus avaient été lancés à l’automne concernant des portefeuilles de crédits (décotés ou non) et certaines activités bancaires. Malgré un décalage au second semestre à cause de l’environnement macroéconomique, les cessions françaises devraient selon nous atteindre un certain niveau d’ensemble sur 2012. Dexia (avec Denizbank ou DAM) ou Groupama (avec Gan Eurocourtage) sont de bons exemples.

Le contexte macroéconomique a-t-il pesé plus que prévu ?

Il y a eu de nombreux processus « pour voir » : les vendeurs souhaitent trouver les bons acquéreurs, qui paient en cash et non en titres, par exemple en provenance des Etats-Unis ou de pays émergents. On a même vu quelques LBO (leveraged buy-out) mis en route par des fonds, mais rien ne présage de leurs chances d’aboutir.

Du fait d’un grand écart de prix entre offre et demande ?

La gestion d’actifs ou le courtage restent difficiles à évaluer compte tenu de l’évolution des marchés malgré leur faible besoin en fonds propres. Dans le private equity, il y a aussi une divergence entre le chiffre d’affaires assuré à trois ans via les frais de gestion et le prix offert par les gérants pour reprendre leur société de gestion à la maison mère. Mais les actifs de bonne qualité avec des résultats lisibles dans la durée pourraient faire l’objet de revalorisations. Pour des actifs bancaires plus classiques (banque de détail, crédit à la consommation...), le principal frein est souvent, au-delà de l’acquisition, de trouver les liquidités nécessaires pour financer les activités reprises.

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