L’avis de... Daniel Benin, managing partner de Committed Advisors

« Les fonds secondaires jouent un rôle intéressant pour réduire la durée des retours »

le 01/09/2011 L'AGEFI Hebdo

Vous venez de boucler votre premier fonds de secondaire à hauteur de 257 millions d’euros. Comment expliquer cette belle levée ?

Nous avons créé avec Barthélémy de Beaupuy et deux autres associés également anciens d’Axa PE, Jean-Baptiste Stock et Guillaume Valdant, cette société de gestion agréée AMF (Autorité des marchés financiers) en juillet 2010, juste avant un premier closing à 150 millions. Nous avions envisagé de commencer par des mandats de conseils exclusifs pour certains institutionnels, mais le circuit de décision s’est avéré trop lent pour ce marché qui demande de la réactivité. Et surtout nous avons eu tout de suite un sponsor pour le fonds, également financé par une vingtaine d’investisseurs, essentiellement étrangers (fondations, institutions financières, family offices et personnes fortunées). Notre approche a été de renouer avec le segment historique (avant qu’il monte en taille de transactions) du marché secondaire des parts de fonds, avec des investissements de 1 à 75 millions d’euros généralement moins concurrentiels. Tout en proposant une couverture géographique mondiale inédite chez les spécialistes de ce pan du midmarket. Autre atout : nous pouvons racheter des portefeuilles de participations directes dans les sociétés sous-jacentes, par exemple pour permettre la liquidation d’un portefeuille de capital-risque arrivé à maturité. Nous avons deux dossiers de ce type en cours, même si nos huit premières transactions (sur 150 étudiées en un an) ont porté sur des parts de fonds que nous avions déjà évaluées de nombreuses fois au cours de nos expériences passées.

Pour les investisseurs en « private equity », le secondaire joue-t-il toujours ce rôle de lissage de la courbe de performances ?

C’est évident pour un nouvel entrant qui va subir la courbe en J faute de remontées sur les trois ou quatre premières années d’un fonds classique (dix ans). Un bon mélange entre fonds primaires et fonds secondaires permet donc aux investisseurs d’atténuer l’effet de ce creux, notamment sur le poids des frais de gestion qui est plus important les premières années et peut être compensé par des retours rapides sur les sous-jacents plus matures des fonds secondaires. L’intérêt est donc double : atténuer la courbe en J tout en optimisant le « cash » au travail.

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