Le financement immobilier se place aux côtés d’ING Commercial Banking

le 30/06/2011 L'AGEFI Hebdo

ING Real Estate Finance France, seul métier conservé de la filiale d’immobilier du groupe, doit se mettre au service d’un pôle de banque de gros.

Déménagement. Ce 20 juin, la petite équipe de financement immobilier (Real Estate Finance, REF) d’ING en France a rejoint la branche Commercial Banking du groupe néerlandais à Cœur Défense. « Le positionnement et la pérennité de l’activité de financement immobilier en France sont assurés depuis que nous avons créé l’entité juridique ING REF France SAS et obtenu notre licence bancaire en 2006 », assure Frédéric Ciuntu, son directeur général. Une façon de se démarquer d’autres métiers dont le bancassureur néerlandais, qui doit encore rembourser 3 milliards d’euros à l’Etat d’ici à mai 2012 sur les 10 milliards reçus durant la crise, est contraint de se délester. Ce même 20 juin, le groupe confirmait son intention de vendre ING Car Lease (L’Agefi Quotidien du 21 juin 2011), sa filiale ING Direct aux Etats-Unis venant d’être cédée à Capital One et d’autres activités, notamment d’assurances, ayant été ou devant être arbitrées.

Dans l’immobilier, « l’organisation en Europe, aux Etats-Unis et en Asie-Pacifique était la même, reposant sur le financement (les métiers de dette), l’investissement (la gestion d’actifs) et le développement (la promotion immobilière), rappelle Frédéric Ciuntu. Il y a un peu plus de dix-huit mois, elle a été modifiée pour répondre aux réorientations stratégiques du groupe. La branche Real Estate Investment Management a été vendue à CB Richard Ellis : la signature définitive devrait intervenir cet été. Celle du développement est, selon les pays, conservée, cédée ou gérée en extinction - comme c’est le cas en France ».

Concernant REF France, « nous exerçons un métier bancaire qui, dans l’environnement actuel, reste profitable », certifie Frédéric Ciuntu. Le dernier résultat publié au Balo, pour 2009, ressortait à 3,1 millions d’euros pour 7,3 millions de produit net bancaire. Et d’indiquer : « Notre portefeuille s’élève à environ 3 milliards. L’objectif est de le conserver, de continuer à produire et d’augmenter la maturité moyenne. » Rassemblés à La Défense, Commercial Banking, Leasing et REF doivent désormais travailler main dans la main. Leurs directeurs généraux se retrouvent ainsi une fois par mois pour une réunion commerciale.

« Notre rapprochement de la banque commerciale nous amène à assurer une couverture globale de nos clients auxquels nous proposons nos services en DCM (émissions obligataires), FM (couvertures de taux), PCM (gestion de trésorerie) et ECM (émissions actions). Les plus réceptifs pour ces nouvelles activités sont les sociétés foncières, explique Frédéric Ciuntu. REF France accompagne ses clients français et internationaux dont le siège social européen est basé à Paris non seulement en France mais aussi en Europe, aux Etats-Unis ou en Asie. » Une démarche qui rejoint celle d’ING Commercial Banking France qui entend ainsi remédier à la stagnation de ses revenus (L’Agefi Quotidien du 5 avril 2011). « Depuis deux ans, nous nous sommes recentrés sur le financement des classes d’actifs traditionnelles : les bureaux, les commerces et centres commerciaux, la logistique, mais aussi le logement », précise Frédéric Ciuntu. Dans cette période, ING REF France a aussi pu compter sur ING Direct et ses liquidités.

De plus gros dossiers avec Londres

Toutefois, chacune des quatre activités présentes en France - la banque en ligne (ING Direct), la banque commerciale, le crédit-bail et le financement immobilier - rapporte directement à la maison mère. Par ailleurs, ING Investment Management (IM) France, qui était auparavant un département de la banque, est devenu début 2010 succursale d’ING IM. En outre, l’équipe nationale de financement immobilier peut maintenant se positionner sur des opérations de 200 millions d’euros et plus, dévoile Frédéric Ciuntu, en s’appuyant sur l’équipe de syndication immobilière du groupe installée à Londres.

« ING a remonté en 2009 une équipe de trois personnes, dirigée par un Français, Jean-Maurice Elkouby, relate Frédéric Ciuntu. Nous avons ainsi un bel exemple de coopération transfrontière avec un dossier de General Electric. Celui-ci a été originé en France et monté par les équipes d’ING en Pologne, en collaboration avec l’équipe de syndication à Londres. » ING REF illustre de la sorte le propos de Bernard Roman, directeur général d’ING Commercial Banking en France : « ING fait partie des quelques banques capables d’accompagner les grandes entreprises, grâce à la combinaison d’une présence à la fois locale et internationale. » Sa restructuration n’est toutefois pas achevée.

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