L'avis de... Bruno de Saint-Florent, associé chez Oliver Wyman

« Le financement export se révèle peu rémunérateur »

le 21/03/2013 L'AGEFI Hebdo

Quelle est la problématique des banques face au financement export ?

Cette activité se révèle globalement peu rémunératrice pour les banques. Les RoE (rentabilité des capitaux propres, NDLR) historiques étaient toutefois acceptables dans la mesure où le financement export représente peu de risques, grâce à la garantie des agences de crédit à l’export si la contrepartie fait défaut. En outre, le financement export est généralement intégré dans une offre plus large assortie de produits, tels que la couverture de change, plus rémunérateurs. Bâle III et la crise de liquidité ont changé la donne : au-delà du traitement peu favorable en termes de coût de la liquidité, une grande part des produits complémentaires proposés dans l’offre globale sera également affectée par la nouvelle réglementation.

Les banques européennes n’ont-elles pas d’autre choix que de réduire cette activité ?

On assiste à une mutation du modèle historique du financement export. Les banques européennes, qui ne souhaitent plus porter l’intégralité de ces financements sur leur bilan, vont désormais privilégier des solutions obligataires qui seront syndiquées auprès d’investisseurs institutionnels. L’arrangement de l’opération permet aux banques d’avoir des revenus de commissions. Parallèlement, si les banques tendent globalement à réduire le financement export, certaines, mieux positionnées que leurs concurrentes, y voient l’opportunité de développer un avantage concurrentiel.

A lire aussi