La FESF, un instrument de restructuration

le 24/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Fin 2009, Thomas Mayer, chef économiste à la Deutsche Bank London, et Daniel Gros, directeur du Center for European Policy Studies à Bruxelles, jetaient un pavé dans la mare en proposant un « fonds monétaire européen » qui inspira par la suite le ministre des Finances allemand Wolfgang Schäuble. Ils viennent de récidiver en proposant une réforme radicale de la Facilité européenne de stabilité financière (FESF). Leur idée, développée dans un papier publié ce mois-ci : faire de la FESF l’instrument de la restructuration des dettes souveraines.

Dans un premier temps, la Facilité récolterait un maximum de papier des « GIP » (Grèce, Irlande, Portugal) « au prix du marché avant qu’ils n’entrent dans un programme financé par la FESF » (ce qui n’est toutefois pas encore advenu pour le Portugal). Pour inciter les banques à participer à cette restructuration, les deux économistes recommandent également d’obliger les banques à comptabiliser les titres souverains à leur valeur de marché, y compris s’ils sont inscrits au banking book. La FESF pourrait ensuite achever la restructuration en négociant avec les pays concernés une réduction du coupon en contrepartie d’un warrant.

C’est à leurs yeux la seule manière d’éviter un défaut souverain, sans basculer pour autant dans l’union fiscale dont l’électorat allemand ne veut pas. Il est probable que leurs plans ne jouissent pas d’une grande popularité dans les états-majors bancaires sachant que, selon JPMorgan, BNP Paribas était exposée aux « GIP » pour environ 10 milliards d’euros fin 2010, Société Générale pour 3,5 milliards et le Crédit Agricole pour 2,7 milliards.

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