L’avis de... Laurence Château, directrice du développement durable d’OFI PE Capital

« Un environnement culturel et réglementaire favorable »

le 09/12/2010 L'AGEFI Hebdo

Où en êtes-vous dans votre approche ISR (investissement socialement responsable) ?

Nous avançons étape par étape. Par exemple, au-delà de notre processus d’investissement désormais bien défini, nous avons publié dans notre rapport extra-financier 2009 un premier « bilan carbone consolidé », avec 59.980 tonnes équivalentes CO2, ce qui inclut les émissions de notre société de gestion et de cinq de nos participations majoritaires. Mais notre grande fierté est d’avoir convaincu ces sociétés qu’elles avaient plus à gagner qu’à perdre, même financièrement, à s’approprier une telle démarche fédératrice. Elles ont lancé un diagnostic sur leurs critères ESG, désigné un responsable développement durable rattaché soit à la direction industrielle, soit à la direction qualité, et vont mettre en place un reporting « extra-financier » qui comprendra leur propre bilan carbone.

Vous êtes donc très en avance sur vos homologues français...

Peut-être car Olivier Millet (président d’Ofi PE, NDLR) a été un peu visionnaire. Mais l’environnement dans l'Hexagone me paraît tout à fait favorable pour que les autres fonds français s'engagent dans cette démarche. Par exemple, nos entreprises sont, pour des raisons autant réglementaires que culturelles ou historiques, très sensibles aux questions sociales, de droit du travail, de gestion/évaluation des compétences, d’investissement sur la formation, etc. Le Grenelle de l’Environnement les a aussi fait bouger et anticiper (pour beaucoup) une taxe carbone qui n’a pas vu le jour... Et les articles 82 et 83 de la loi Grenelle II pourront bientôt étendre aux sociétés non cotées les dispositions de la loi NRE de 2001, qui impose aux sociétés cotées de fournir des données sociales et environnementales dans leurs rapports annuels.

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