L'homme clé Nicolas Mérindol, représentant de Gruppo Banca Leonardo en France

« En banque d’affaires, nous visons des revenus en hausse de 25 % cette année »

le 24/02/2011 L'AGEFI Hebdo

Nicolas Mérindol n’avait pas prévu de prendre, en mars dernier, les rênes opérationnelles de Leonardo & Co. En septembre 2009, l’ancien patron des Caisses d’Epargne avait seulement accepté la double casquette de senior managing director de cette boutique parisienne de fusions-acquisitions et de représentant des quatre entités françaises de l’italien Gruppo Banca Leonardo (GBL)*. Six mois plus tard, il s’est également vu confier les responsabilités de Jean-Baptiste Toulouse, le fondateur de Leonardo & Co (ex-Toulouse & Associés). Ce dernier voulait se retirer de la société, restant seulement administrateur et conseiller. « Mark Pensaert (déjà coresponsable de la banque et basé à Amsterdam, NDLR) et moi avons repris la gestion exécutive des fusions-acquisitions à Paris, en attendant une solution plus pérenne, précise Nicolas Mérindol. Ensuite, je pourrai me consacrer exclusivement à mes clients. »

S’il a fait les frais du renouvellement de l’état-major de l’Ecureuil, avant sa fusion avec les Banques Populaires au sein de BPCE, ce banquier de tout juste 50 ans achève sa mue. « Je sors de la phase de découverte de la banque d’affaires vue de l’intérieur, raconte-t-il. J’ai aussi mis les premiers mois à profit pour mieux faire connaître le groupe auprès des institutions et grandes entreprises françaises car les clients n’imaginaient pas que 130 personnes sont basées à Paris, dont 50 en banque d’affaires. »

Plan marketing

C’est ce métier qui l’accapare aujourd’hui. « Mon rôle est d’obtenir et d’aider à décrocher des mandats auprès des fonds d’investissement, des institutions financières, des acteurs de l’immobilier, ainsi que des entreprises de services dont le métier, souvent lié à un réseau de distribution, se rapproche de mon expérience bancaire », précise-t-il. Hormis son intervention dans la vente du projet marseillais des Terrasses du Port par ForumInvest, un client de la banque aux Pays-Bas, il reste discret sur ses mandats, arguant de leur confidentialité.

Sur le plan opérationnel, le duo Mérindol-Pensaert a fixé de nouveaux objectifs. « Avec les équipes et sous la présidence de Jean Peyrelevade (ancien patron du Crédit Lyonnais, NDLR), nous avons élaboré un plan marketing structuré pour chaque secteur d’activité, explique le dirigeant. Nous avons par exemple identifié trois catégories de clients, les premiers étant ceux qui pourraient réaliser une opération de fusions-acquisitions sous trois à six mois et à qui nous pouvons apporter une valeur ajoutée, par exemple sur des opérations transfrontalières avec l’Italie, l’Allemagne, l’Espagne et le Benelux. » Et bientôt la Suisse, où le groupe vient d’intégrer l’équipe zurichoise de la banque allemande Sal.Oppenheim.

« Dans la banque d’affaires, nous visons cette année des revenus en hausse de 25 %, soit le double de 2009 (une année très faible, NDLR), après une progression de 65 % l’an dernier », poursuit Nicolas Mérindol. En 2010, la croissance a été stimulée par l’arrivée de Patrick Maure et six autres anciens d’Aforge Finance. Leur structure Leonardo Midcap CF, axée sur les transactions jusqu’à 350 millions d’euros, reste autonome pour le moment, mais Nicolas Mérindol indique qu’« elle est intégrée dans le plan marketing global et consolide notre relation avec les fonds d’investissement ». Les deux équipes parisiennes ont conseillé ce type de clients dans près de la moitié des vingt opérations de fusions-acquisitions bouclées l’an dernier. L’arrivée de Ludovic Tron, ex-Rothschild et spécialiste des rachats avec effet de levier (LBO), vise aussi à renforcer la présence de Leonardo & Co sur ce créneau.

La banque espère pouvoir recruter un nouveau managing director chaque semestre. En revanche, elle ne devrait pas rechercher des synergies avec la boutique Kepler Corporate Finance. Selon des sources proches, celle-ci n’est pas concernée par les négociations en cours sur le rapprochement entre sa demi-sœur Kepler Capital Markets et la petite activité de courtage de GBL à Milan (L’Agefi Hebdo du 3 février). 

*Leonardo & Co, Leonardo Midcap CF, DNCA Finance (gestion d’actifs) et Banque Leonardo (gestion privée)

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