L’homme clé - Pascal Raidron, président d’Eight Advisory

« Développer d’autres lignes de métiers, comme l’actuariat »

le 25/07/2013 L'AGEFI Hebdo

Enfant, il se rêvait vétérinaire. C’est finalement dans le conseil financier que Pascal Raidron, président d’Eight Advisory, s’est fait un nom. Le cabinet indépendant qu’il a créé en 2009 a désormais pignon sur rue. Dans un contexte morose, « nous avons réalisé une croissance de 15,5 % de notre chiffre d’affaires, à 31,9 millions d’euros l’an passé, se félicite ce diplômé de l’Essec. L’ensemble de nos lignes métier a progressé. » Le pôle Transaction a enregistré en 2012 une croissance de 15 %, à 16,8 millions d’euros. « Dans un marché des fusions-acquisitions en recul de 31 % en France sur le premier semestre 2013, les métiers de l’évaluation et du support aux transactions ont néanmoins bien résisté », ajoute Pascal Raidron. Le pôle Solutions opérationnelles (amélioration du BFR, gestion de trésorerie …) a vu son activité progresser de 36 % à 3 millions d’euros l’an passé, tandis que l’entité Restructuration, domaine dans lequel le cabinet occupe l’une des toutes premières places en France, a crû de 12 % à 12,1 millions d’euros. « J’ai toujours eu une forte sensibilité aux entreprises en difficulté », confie Pascal Raidron. A ses débuts, de 1983 à 1989 chez Arthur Andersen, il participe à l’une des grandes restructurations de l’époque, celle du chantier naval Normed, puis rejoint la société informatique Métrologie International, en proie à des problèmes financiers peu de temps après son arrivée : « En tant que directeur administratif et financier, j’étais aux premières loges », se souvient-il. Il officie ensuite pendant trois ans au sein de la banque Crédimo (Locafrance Banque Indosuez), avec pour mission de la redresser, avant de revenir en 1996 chez Arthur Andersen (racheté en 2002 en France par Ernst &Young - E&Y - suite à l’affaire Enron) pour développer une division dédiée aux entreprises en difficulté, puis prendre la tête du département transaction advisory services. Accompagné de sept autres associés d’E&Y, il décide de créer sa société, pour laquelle il nourrit de belles ambitions. « Nous visons 55 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2016 (soit une croissance annuelle moyenne de 14,5 %, NDLR), annonce-t-il. L’arrivée en tant que directeur général délégué d’Alexis Karklins-Marchay (après quinze ans chez E&Y), de par sa forte connaissance des grandes entreprises et des pays émergents, nous aidera à atteindre cet objectif. »

Exposition aux entreprises

Très axé à ses débuts sur la clientèle des fonds de capital-investissement (quelque 75 % du chiffre d’affaires), Eight Advisory a considérablement accru son exposition aux entreprises (60 % de l’activité à fin juin 2013). Sur le plan international, outre des bureaux à Paris, Lyon et Londres, « nous avons fédéré un réseau de douze cabinets partenaires, nous permettant d’être présents dans une vingtaine de pays, explique Pascal Raidron. Nous souhaitons aussi couvrir le Moyen-Orient et la Turquie et nous renforcer en Chine, où nous avons déjà établi un partenariat à Hong Kong ». En 2012, les missions à l’international représentaient 29 % du chiffre d’affaires.Par ailleurs, « nous réfléchissons actuellement à des développements vers d’autres lignes de métier, à l’image de l’actuariat ».

Comme l’activité, les effectifs suivent une pente ascendante. Les équipes comptent désormais 167 collaborateurs (contre quarante début 2010), dont 17 associés. « D’ici à 2016, nos effectifs devraient atteindre 250 personnes, dont 25 à 30 associés », avance ce supporter du Paris Saint-Germain. Le match dans le secteur du conseil financier s’annonce intense.

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