L'avis de... Axel Pierron, analyste senior au cabinet d’études Celent

« Des dépenses significatives dans les infrastructures 'post-trade' »

le 02/06/2011 L'AGEFI Hebdo

Quelles différences techniques existe-t-il entre les plates-formes de trading de devises et celles relatives aux actions ?

Une différence importante ayant un impact sur la technologie est que le nombre de paires de devises traitées est limité, mais les volumes sont beaucoup plus importants. En outre, contrairement aux plates-formes actions, le trading de devises ne repose pas sur un carnet d’ordres centralisé, mais fonctionne selon des RFQ (request for quote, négociation bilatérale, NDLR). On peut distinguer deux types de plates-formes : le premier concerne les acteurs corporate voulant gérer leur risque de change. Pour ce type de plate-forme, l’important est la précision des prix, les temps de réponse sont peu discriminants. La seconde catégorie concerne les plates-formes dédiées aux gérants d’actifs, les temps d’exécution sont alors très importants.

Dans votre étude, vous soulignez des investissements massifs en technologie. Pour quelles raisons ?

En 2004, le marché a été complètement bouleversé par la montée en puissance des plates-formes « multidealers ». A partir de 2007, les banques ont beaucoup investi sur leurs plates-formes, notamment dans les outils de pricing et les interfaces de connexion pour permettre aux gérants et aux hedge funds de « brancher » leur SOR (smart order router, système de routage des ordres intelligent, NDLR) et leurs algorithmes de trading de façon à aller chercher la liquidité au meilleur prix sur les différentes plates-formes. Des investissements significatifs devront encore être réalisés dans les infrastructures post-trade pour absorber la croissance des volumes.

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