L'avis de... Magali Marton, directrice des études chez DTZ

« Le défi pour les investisseurs est de trouver les produits »

le 06/09/2012 L'AGEFI Hebdo

Comment expliquez-vous l'intérêt des investisseurs pour l'immobilier de santé ?

Je situe l'essor de cet engouement des investisseurs pour l'immobilier de santé à une petite dizaine d'années, car à cette époque, ils disposaient de beaucoup de liquidités à investir et cherchaient une stratégie de diversification. Les opérateurs, eux, modernisaient leurs structures, en les rénovant et en étendant leur réseau. C'est donc la conjonction de ces deux phénomènes qui a débouché sur la mise en place d’investisseurs spécialisés en immobilier de santé, avec plus récemment des organismes de placement collectif en immobilier (OPCI), un dispositif avantageux aussi bien pour les investisseurs que les opérateurs.

L'immobilier de santé, c'est aussi un compartiment immobilier pérenne, les besoins dans le domaine de la santé allant croissant. Par ailleurs, l'Etat français est souvent critiqué quand il réglemente l'ensemble des activités économiques, la santé en particulier... mais cela représente aussi un avantage pour les investisseurs qui connaissent exactement la qualité des actifs qu'ils achètent : l'immobilier de santé est un produit lisible.

Quels sont les défis à relever dans ce domaine pour les investisseurs ?

Le défi pour les investisseurs est de trouver les produits car aujourd'hui il y en a peu. La première phase du marché, c'était l'externalisation, c'est-à-dire la vente entre investisseurs. Si la concentration continue, s'il y a de nouvelles structures, la marge de manœuvre sera importante. Rien qu'avec les principaux opérateurs du marché, entre 4 et 5 milliards d'euros pourraient encore être investis. Avec les développements prévus en termes de construction neuves, il s'agit d'un potentiel supplémentaire de 2 milliards d’euros. Quant au taux de rendement, il se situe autour de 6 % et devrait rester à ce niveau en 2013. On anticipe une hausse du taux de rendement pour l'immobilier de bureaux ; l'immobilier de santé devrait logiquement suivre la même tendance.

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